« Le mauvais cholestérol ne vient pas seulement de l’alimentation. Qu’on se le dise, le fameux LDL-cholestérol, c’est en fait la somme de ce que l’on mange mais aussi de ce que notre organisme fabrique au niveau de notre foie et de notre intestin. »
Le Dr Michel Farnier, endocrinologue à Dijon, a clairement expliqué cette notion au congrès de la Société Européenne de Cardiologie à Stockholm (Suède). « Dans notre organisme nous avons en fait deux sources de cholestérol. Celui que nous fabriquons au niveau du foie et celui qui provient de l’intestin. C’est cette partie-là qui est la plus importante. »
Et aujourd’hui, il est possible de traiter ces deux sources en combinant les effets de deux types de médicaments : une statine, qui bloque la fabrication du cholestérol par le foie, et un inhibiteur de l’absorption du cholestérol dans l’intestin, l’ezetimibe. « Quand un patient hypercholestérolémique (porteur d’un excès de cholestérol n.d.l.r.) ne voit pas son bilan suffisamment normalisé avec une statine, la question est : qu’est ce qu’il faut faire ? On s’aperçoit qu’en augmentant les doses de statine, la baisse du LDL-cholestérol -ou mauvais cholestérol, n.d.l.r.- est assez faible. Mais si on y ajoute de l’ezetimibe, l’effet du traitement est très amélioré« .
Ce serait aujourd’hui, d’après un sondage mené dans 5 pays, l’avis de plus de huit cardiologues européens sur dix. Selon ces derniers en effet, le traitement des deux sources de cholestérol permet d’obtenir une plus forte diminution du LDL-cholestérol.
C’est primordial, particulièrement pour les patients à haut risque cardio-vasculaire. C’est-à -dire ceux qui présentent un ou plusieurs facteurs de risque associés à l’excès de cholestérol : hypertension artérielle, diabète, tabagisme, antécédents de maladie cardio-vasculaire…
« L’administration de ces deux traitements et l’adoption d’un régime alimentaire sain, voici donc un arsenal qui peut nous permettre de parvenir à l’objectif thérapeutique« . Autrement dit d’obtenir une baisse du LDL-cholestérol suffisante pour protéger les patients à haut risque.
Néanmoins, « la France se caractérise par une tendance à sur-traiter les malades à faible risque, sous-traitant au contraire ceux qui pourraient tirer le plus grand bénéfice de cette approche. » Pour Michel Farnier, l’association d’une statine avec l’ezetimibe permet de traiter une vraie maladie, l’hypercholestérolémie. Ce n’est en aucun cas un simple traitement de confort…
Sources : de notre envoyé spécial – European society of Cardiology – Stockholm – 3 au 7 septembre 2005 ; Enquête réalisée par Harris Interactive auprès de 388 cardiologues en exercice en Europe, juillet 2005
Source : Centre Ressources francilien du Traumatisme crânien (CRFTC)
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