Les cigarettes électroniques pourraient être dangereuses pour les poumons. Une équipe grecque alerte les utilisateurs de ces produits sans fumée, « souvent présentés comme sains par les fabricants ». La réalité en fait, serait toute autre…
Une cigarette électronique reproduit la forme et les sensations d’une cigarette « classique ». Elle comporte une batterie, un microprocesseur, un pulvérisateur et une cartouche contenant le produit vaporisé par ce dernier. Il s’agit généralement d’un liquide, susceptible de contenir de la nicotine ou des substances aromatiques : additifs alimentaires ou arômes artificiels. A l’aspiration, ce liquide est vaporisé et mélangé à l’air inspiré par le « fumeur ». Et cette vapeur reproduit la fumée d’une cigarette.
En France, ces e-cigarettes ne disposent d’aucune Autorisation de Mise sur le Marché (AMM). Pour cette raison, leur vente en pharmacies est interdite dans notre pays. En théorie… puisque la réalité serait bien différente. Or ces produits ne seraient pas sans risques pour la santé. Dès 2009, l’association Droits des non-fumeurs (DNF) dénonçait le « flou artistique » entourant leur statut. Les cigarettes électroniques en effet, contiendraient « 2 à 3 fois plus de nicotine que les cigarettes » n’en apportent habituellement.
Pas une aide au sevrage
Une étude présentée Au Congrès de la Société européenne de Pneumologie (ERS) qui vient de se terminer à Vienne (Autriche), projette une lumière alarmante sur les effets toxiques que ces cigarettes électroniques paraissent avoir sur les poumons. Christina Gratziou et ses collègues (Université d’Athènes) ont demandé à 8 non-fumeurs et 24 fumeurs d’utiliser durant seulement 10 minutes une cigarette électronique. Ils les ont ensuite soumis à une mesure de leur souffle par spirométrie.
Résultat, ils ont observé « une augmentation immédiate et pendant 10 minutes, de la résistance des voies aériennes supérieures ». Et cela chez tous les participants, fumeurs et non-fumeurs. « Cette observation suggère que les cigarettes électroniques peuvent endommager les poumons », explique l’auteur. « Des recherches complémentaires doivent être conduites pour mieux comprendre ce phénomène ». Elle conclut en rappelant que ces produits ne constituent en rien une aide au sevrage.
Source : Congrès de la Société européenne de Pneumologie (ERS), Vienne, 1-5 septembre 2012 - Agence nationale de sécurité du Médicament et des Produits de Santé (ANSM), 30 mai 2011
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