Maladie d’Alzheimer : apaiser les patients

[29 décembre 2011 - 14h14] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h49]

Le plan Alzheimer 2008-2012 a permis le déploiement des Unités Cognitivo-comportementales (UCC). Au cours du dernier bilan de la Présidence de la République en février 2011, la France comptait 42 structures de ce type. Visite guidée de l’une d’entre elles, à l’Hôpital des Charpennes de Lyon.

« Cette unité vise à apaiser les patients présentant des troubles du comportement aigus », explique le Pr Pierre Krolak-Salmon, responsable du Centre de Mémoire, de Ressources et de Recherche à Lyon. « Nous pouvons accueillir 13 malades. Nous intervenons avant que le patient ne déclenche une crise importante qui l’amènerait aux urgences. L’objectif est qu’il puisse retourner chez lui ». En fonction de l’état du malade, cette prise en charge peut durer de trois à quatre semaines.

Ces unités s’adressent à des patients atteints de la maladie d’Alzheimer, ou des maladies apparentées. Ils doivent par ailleurs être capables de se déplacer, et présenter l’un des troubles suivants du comportement: hyperémotivité, hallucinations, troubles moteurs, agitation, troubles graves du sommeil.

Psychiatre, gériatre, neurologue, psychologue, psychomotricien, ergothérapeute, infirmières s’investissent chaque jour pour offrir une prise en charge adaptée et individualisée. Dans l’unité de l’hôpital des Charpennes, quatre patients jouent à un jeu de société, sous l’œil attentif de deux infirmières. A côté, une pièce bien particulière. « Ici les patients viennent pour une séance de luminothérapie. C’est important pour des malades qui, bien souvent, ne sortent que très peu ».

Dans l’ensemble de l’unité, des activités de réadaptation cognitive sont proposées : repas thérapeutiques, chants en groupe, jeux d’adresse, soins d’esthétique, travaux manuels… « L’objectif est à la fois d’améliorer la qualité de vie, de réduire l’apparition des troubles du comportement », explique le Pr Pierre Krolak-Salmon. Le cahier des charges du Plan Alzheimer précise que « le programme a également pour intérêt majeur de diminuer l’utilisation des psychotropes sédatifs et de la contention ».

Selon des études épidémiologiques extrapolées à l’ensemble de la population, plus de 800 000 personnes en France, seraient touchées par la maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée. Parmi celles-ci, 550 000 sont suivies médicalement, dont 350 000 bénéficient d’une prise en charge au titre de l’affection de longue durée (ALD).

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