Pour un grand nombre de médecins, les régimes alimentaires font… grossir beaucoup de patients obèses ! Sur le long terme en tout cas. Le Pr Bernard Guy-Grand est chef du service de Médecine et Nutrition de l’Hôtel-Dieu de Paris. A l’occasion des deuxièmes Journées annuelles de l’obésité de Dijon, il s’est longuement attardé sur la terrible difficulté que rencontrent les patients obèses pour maintenir une perte de poids à long terme.

Au total, entre 80% et 95% des patients échoueraient à terme dans leur régime ! Pour Bernard Guy-Grand, « la principale difficulté n’est pas de perdre du poids mais de se stabiliser. Il convient donc d’évaluer les modifications durables que le patient veut et peut envisager d’introduire de façon permanente dans son quotidien, pour maigrir ».

Il fait évidemment allusion aux habitudes alimentaires mais également au rôle majeur de l’activité physique. « Nous nous sommes rendus compte que les obèses parvenaient difficilement à changer leur comportement de sédentarité. Au départ, ils sont motivés. Ils font de la marche à pied puis se rendent en salle de sport. Mais sur le long terme, ces démarches ne durent pas toujours ».

Résultat, les patients reprennent du poids. Parfois plus encore que leur perte initiale. C’est le fameux syndrome du yo-yo. Voilà pourquoi, le Pr Guy-Grand préconise une perte de poids très progressive, « c’est-à-dire, entre 0,5 et 1kg par semaine. A 26 semaines, elle ne devrait pas excéder 10 kg ».

Il souligne enfin que les avantages d’une perte de poids, même modérée, sont indiscutables. Par exemple, un patient qui va perdre entre 5% et 15% de son poids réduit, à 10 ans, son risque de mortalité de 30% !

Source : American Heart Association, 25 avril 2002

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