La dernière livraison du très sérieux Journal of Sexual Medicine nous rapporte la mésaventure d’un Iranien de 21 ans. Pour avoir eu la malencontreuse idée de se faire tatouer le sexe, celui-ci s’est retrouvé avec une semi-érection permanente. Une forme de priapisme qui dure… depuis plus de trois mois.
L’histoire commence lorsque ce jeune homme, par romantisme ou fantaisie, a souhaité se faire tatouer le sexe. Sur sa face extérieure, il a fait immortaliser en persan, le message « Borow be salaamat » que l’on pourrait traduire par « Bonne chance pour tes voyages ». Pour faire bonne mesure, il a également demandé à l’artiste de lui tatouer un « M » – initiale du prénom de sa bien-aimée – sur le gland. Mauvaise pioche !
Huit jours durant, le malheureux s’est trouvé aux prises avec de fortes douleurs péniennes, provoquées par une « hémorragie dans les tissus profonds du pénis ». Après une semaine de souffrances, le jeune homme a vu naître une semi-érection… qui ne devait plus disparaître.
Différents tests et examens ont permis aux médecins du Kermanshah University of Medical Sciences dans l’ouest de l’Iran, d’écarter plusieurs hypothèses susceptibles d’expliquer l’étrange phénomène. Ainsi, une infection urinaire, une leucémie ou encore la syphilis ont été mises de côté. Le diagnostic de « priapisme non-ischémique » a rapidement été posé, et le tatouage, incriminé.
Un patient satisfait de sa situation…
Le tatoueur a en effet travaillé de façon artisanale. « Son aiguille a très bien pu perforer une artère caverneuse et créer une fistule » nous a expliqué le Dr François Grima, urologue à Versailles. « Une communication se crée alors entre une artère et une des deux aréoles caverneuses. Lesquelles se remplissent de sang lors d’une érection. Dans le cas qui nous intéresse, elles sont irriguées en ‘hyper débit’, provoquant le priapisme. Le sang est alors toujours drainé, mais de façon plus lente ».
Selon notre spécialiste, « une embolisation reste le traitement recommandé ». Cependant, en raison de l’absence d’un service dédié à Kermanshah, les médecins ont tenté d’autres approches thérapeutiques. Aucune ne s’est révélée efficace. Devant cet insuccès et compte tenu du caractère indolore de l’érection, le patient a préféré renoncer à des soins. « Il n’y a pas de risque urgent pour lui. Cependant à long terme, il s’expose à l’impuissance » conclut le Dr Grima.
Contactés par l’Agence de presse Destination Santé, les chercheurs n’ont pas été en mesure de nous indiquer si ce tatoué un peu particulier avait depuis, changé d’avis.
Source : Journal of Sexual Medicine, février 2011; Interview du Dr François Grima, 6 février 2012
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