Etudiants infirmiers : leur mal-être empire

[19 septembre 2017 - 12h41] [mis à jour le 19 septembre 2017 à 14h09]

Difficultés financières, mal-être psychologique ou encore dégradation de la santé physique… Les souffrances qu’endurent les étudiants infirmiers sont nombreuses. Mais surtout, la situation semble se dégrader chaque jour un peu plus. Une enquête menée par la Fédération Nationale des Étudiant.e.s en Soins Infirmiers (FNESI) le montre dans plusieurs domaines.

Afin d’évaluer la situation des étudiantes et étudiants infirmiers en France, la FNESI a mené une enquête auprès d’eux. Son titre : « Votre bien être, l’enquête »* souligne le but premier de ce travail, déterminer s’ils se sentent bien dans leurs vies d’étudiants. En matière de finances, de santé physique et psychologique.

Les résultats sont assez alarmants. En matière économique d’abord, « 76,5 % des étudiants estiment être obligés de travailler pour subvenir à leurs besoins financiers. Pour beaucoup, il s’agit d’emplois saisonniers : 65% travaillent l’été ; pour autant, 21,9% ont un travail hebdomadaire ». En outre, « 51,6% jugent que le fait de devoir travailler a un impact négatif sur leurs études ». Bien plus que les étudiants d’autres disciplines qui, selon l’Observatoire de la Vie Etudiante (OVE) ne sont que 17,7% à penser ainsi.

Mauvais état physique et psychologique

Autre constat, la dégradation de la situation des étudiants infirmiers en matière de santé. Physique d’abord. « Ils sont 50,6% à estimer que leur santé physique s’est dégradée depuis leur entrée en formation », montre l’enquête. Ce chiffre atteint même les 60% chez les étudiants en 3ème année.

Dans le détail, ils ne pratiquent pas assez de sport. Et « la quantité de sommeil est déclarée insuffisante ou très insuffisante pour 66,3% d’entre eux », note la FNESI. Ils sont 7,8 % à déclarer prendre des somnifères depuis leur entrée en formation. En outre, «la fréquence de l’épuisement physique est un autre élément notable dans cette enquête. En effet, 75,4% se déclarent être épuisés physiquement, dont 14,4% tout le temps ».

Enfin, leur santé psychologique ne se révèle pas de meilleure qualité. Ainsi, « 52,5% des étudiants déclarent que celle-ci s’est dégradée depuis leur entrée en formation. Ce chiffre atteint même 62,3% des 3ème année. »

Discriminations…

Reste que les causes de cette situation sont multiples. Parmi elles, des « sensations de discriminations ». En effet, « 36,5% des étudiants infirmiers estiment en avoir été victimes depuis leur entrée en formation ». Avec pour facteurs principaux, l’âge pour 49,5% des situations, les opinions pour 40,6%, l’apparence physique pour 29% ainsi que le sexe pour 17,6%. Au total, « 33,4% déclarent avoir déjà été harcelés par un soignant ».

« C’est une altération conséquente du bien-être qui ressort de cette enquête et un constat d’étudiants en grandes difficultés. Qu’elles soient financières, de santé ou bien inhérentes à la formation, celles-ci ne peuvent être ignorées plus longtemps », conclut la FNESI. Laquelle demande « la création d’un observatoire du bien-être des étudiants en santé, sur un modèle similaire à celui de l’Observatoire de la Vie Étudiante ».

*Créée sur la plate-forme Google Form®, cette enquête a été diffusée du 23/02/2017 au 9/04/2017, soit 45 jours, via les réseaux sociaux, mails et par voie de presse. Au total, 14 055 réponses qui se sont avérées exploitables.

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