La protonthérapie : une radiothérapie de pointe

[08 juin 2011 - 09h40] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h46]

Utilisée dans le traitement de certaines tumeurs oculaires ou de cancers pédiatriques, la protonthérapie diffère de la radiothérapie conventionnelle, par la nature du rayonnement utilisé. Alors que cette dernière utilise essentiellement des faisceaux de photons, la protonthérapie repose sur l’utilisation de protons. Quelle différence ? Un « tir » plus précis et une irradiation moins importante des tissus sains. Explications.

Contrairement aux photons, les protons s’arrêtent brutalement, au point précis visé par l’opérateur. Et leur action va croissant jusqu’en fin de course. C’est alors seulement qu’ils déposent leur énergie maximale, pour altérer la tumeur. « En pénétrant ainsi de manière précise dans l’organisme, nous épargnons les organes à risque placés juste derrière ou sur les côtés, comme un nerf optique », souligne Rémi Dendale, chef de service au Centre de Protonthérapie de l’Institut Curie à Orsay (91). A l’inverse les photons, même affaiblis, poursuivent leur course après avoir traversé la tumeur.

Essentiel en pédiatrie

Deux services en France proposent la protonthérapie. L’un se situe à Orsay donc, près de Paris, et l’autre à Nice. « Nous traitons chaque année entre 350 et 400 patients pour des tumeurs oculaires et du crâne, chez l’adulte et en pédiatrie », indique Rémi Dendale. Le centre niçois pour sa part, reçoit environ 270 patients, exclusivement pour des tumeurs de l’œil. En dehors des principales indications de la protonthérapie, le centre d’Orsay – qui a subi une rénovation en 2010 – va tripler le nombre d’enfants traités tous les ans, dans les trois années à venir.

Dans le cas des radiothérapies par photons, les irradiations actuelles utilisent la modulation d’intensité et sont devenues extrêmement précises. Toutefois l’augmentation de la précision des photons augmente le volume des tissus irradiés à faibles doses, et donc la dose totale administrée. Or « cela peut induire un risque même minime, d’effets secondaires à très long terme. Et celui-ci est plus important chez les enfants. Ces derniers sont en effet en pleine croissance, et ils ont une limite toxique bien plus basse que les adultes », explique le Dr Dendale. Les propriétés des protons permettent d’éviter ce paradoxe, ce qui en fait une forme de radiothérapie particulièrement intéressante pour ces jeunes patients. D’autant que ces derniers peuvent espérer, par définition, vivre plusieurs dizaines d’années après leur traitement.

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