Démence : trois fois plus de cas d’ici 2050

[16 avril 2012 - 16h59] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h51]

Avec déjà plus de 35 millions de victimes aujourd’hui, les démences sont déjà considérées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), comme une priorité de santé publique. Mais avec plus de 115 millions de cas attendus à l’horizon 2050 selon un récent rapport de l’Organisation, elles sont en passe de devenir un véritable fléau. Or le problème dans bien des pays, est encore trop souvent négligé souligne l’OMS.

Sous le terme générique et convenons-en un peu effrayant de ‘démence’, l’Organisation regroupe plusieurs pathologies – ce que l’on appelle un syndrome – affectant de manière généralement chronique, « la mémoire et le raisonnement, le comportement et l’aptitude à réaliser des tâches quotidiennes ». A ce jour, précise l’OMS, seuls « huit pays possèdent un programme national de lutte contre la démence ». Il s’agit de l’Australie, de la Corée du Sud, du Danemark, de la France, du Japon, de la Norvège, des Pays-Bas et du Royaume-Uni. Or il est essentiel « d’améliorer le diagnostic précoce (de ces troubles), de sensibiliser le public et d’améliorer la qualité des soins dispensés » à ses victimes.

Un retard de diagnostic… lourd de conséquences

Les auteurs du rapport dénoncent le caractère trop tardif du diagnostic de la démence… quand il est effectivement posé. Y compris dans les pays les plus développés. Selon l’OMS en effet, entre 20% et 50% seulement des cas de démence seraient effectivement dépistés, souvent de surcroît à un stade « relativement avancé ».

Le Dr Oleg Chestnov, sous-directeur général pour les maladies non-transmissibles et la santé mentale à l’OMS, insiste sur la nécessité de renforcer « nos capacités à détecter précocement les cas de démence, car souvent les agents de santé n’ont pas la formation adéquate ».

Or plus le diagnostic est tardif , plus grande sera la charge pesant sur les aidants, en termes de soins et de support. D’où un risque accru d’anxiété, de dépression, et une surcharge importante de travail pour l’entourage. Ce qui implique bien souvent, une difficulté à maintenir une activité professionnelle normale. Aux troubles liés à la maladie s’ajoute alors pour les aidants, un souci liés aux contraintes économiques.

Aller plus loin :

– lire le rapport Dementia : a public health priority disponible uniquement en anglais ;
– lire le rapport du sénateur André Trillard sur la prévention de la dépendance des personnes âgées.

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