Ecoute Dopage face au boom des compléments alimentaires

[05 octobre 2010 - 10h43] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h41]

« Aujourd’hui, les sportifs parlent plus facilement de dopage », explique Dorian Martinez, psychologue et coordonnateur du portail d’information Ecoute dopage. Depuis la mise en place de ce service fin 1998, il note d’ailleurs plusieurs « évolutions très nettes ». Tout a commencé en effet, quelques semaines après l’affaire Festina sur le Tour de France cycliste.

« Ecouter, Informer, Aider, Orienter » : la mission de ce service, accessible sur www.dopage.com ou par téléphone au 0 800 15 2000 (numéro vert), est à la fois très claire et… pas si simple à mettre en œuvre. Mais le succès est là. Au bout du fil, sept psychologues répondent (du lundi au vendredi, de 10h à 20h) aux questions de sportifs amateurs ou professionnels. « Il peut aussi s’agir d’un membre de la famille, inquiet par exemple après avoir découvert un produit dans le sac de sport du fils ou du mari ».

« Nous recevons environ 140 appels par mois » explique Dorian Martinez. Un chiffre en baisse par rapport au début des années 2000. Est-ce le signe d’une désaffection ? Plutôt selon lui, la preuve d’une évolution des modes d’utilisation. « Les personnes intéressées trouvent désormais beaucoup d’informations sur notre site internet », assure le responsable d’Ecoute Dopage. Le service en effet, a développé de nouveaux outils de travail. Comme par exemple le moteur de recherche Est-ce un dopant ?. Pour savoir si un produit vous expose à un contrôle anti-dopage positif, il suffit de saisir son nom et de cliquer sur OK. Très pratique, et instantané. A toute heure du jour ou de la nuit, week-ends compris.

L’appelant-type est un homme de 20 à 35 ans. Il s’agit soit d’un sportif de haut-niveau, soit d’un amateur, très souvent adepte de la musculation. « Dans le premier cas » explique Dorian Martinez, « il appelle par crainte d’un contrôle anti-dopage positif, à cause d’un produit prescrit par son dentiste par exemple. Mais les questions portent également très souvent sur un complément alimentaire conseillé par un ‘ami’, ou vu sur Internet. Nous recommandons alors toujours la plus extrême prudence, et conseillons au sportif de prendre du recul sur sa pratique, voire de consulter un nutritionniste ».

En 12 ans d’existence, Ecoute Dopage a vécu de près le boom des compléments alimentaires. « Surtout depuis 4 à 5 ans. Nous voyons sans cesse arriver de nouveaux produits, le plus souvent très facilement accessibles, par Internet. Le problème est que bien souvent, les emballages ne sont pas précis quant à la composition de ces produits. Ce qui peut réserver de bien mauvaises surprises ». En cas de question sur les compléments alimentaires, rendez-vous également sur le site www.wall-protect.fr.

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