La biologie médicale en fusion !

[12 février 2010 - 11h08] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h36]

Actuellement en cours, la réforme de la biologie médicale fait grincer quelques dents. Ainsi la Société française d’Hématologie (SFH) dénonce-t-elle un texte qui selon ses responsables, « a oublié les spécificités de la biologie médicale hospitalière ». Leur crainte ? Que leur spécialité disparaisse, faisant peser une « menace majeure sur la qualité des soins »…

La réforme de la biologie médicale avait été annoncée dans la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires (HPST). Celle-ci habilitait le gouvernement à légiférer par ordonnances dans les six mois suivant promulgation de la loi. Or depuis le 15 janvier dernier c’est chose faite, avec la publication au Journal officiel de cette fameuse ordonnance.

Le texte fait toutefois réagir de nombreux spécialistes, à l’image du Pr Gérard Socié (Hôpital Saint-Louis – Paris), Président de la Société française d’Hématologie. « Une large partie de la réforme porte sur l’organisation de la biologie médicale en ville » nous explique-t-il. « Ce qui est très bien. Le problème cependant, est que la biologie médicale hospitalière – c’est-à-dire le lieu où s’effectuent les explorations les plus approfondies ont été totalement oubliées. » C’est là par exemple que sont pratiqués tous les actes liés aux maladies du sang, à certains cancers… Pour les responsables de la SFH, « ce constat laisse planer une menace non seulement sur l’avenir de l’hématologie biologique, mais surtout sur la santé des patients ».

Cette société savante craint en effet, que les analyses hospitalières soient « à l’avenir réalisées par des biologistes ayant une formation trop générale pour diagnostiquer et caractériser des pathologies graves comme des leucémies. », souligne le Pr Jean-François Schved (Montpellier), président du Conseil scientifique de la SFH. Et il estime qu’il y a un risque de voir « les compétences spécifiques tout bonnement gommées. C’est pourquoi nous demandons que cette réforme ne s’applique pas aux CHU ».

Faute de preuves, les spécialistes ne s’avancent pas sur les causes de cet « oubli »… qui bien sûr n’en est pas un. « La biologie hospitalière coûte très cher » ose tout juste avancer le Pr Socié. Il demande par conséquent le lancement « d’une réflexion de fond sur cette discipline. Et cela dans l’intérêt de nos patients ». Car se sont bien eux qui figurent en bout de chaine… La SFH a par ailleurs adressé une lettre ouverte aux députés de la Commission Santé et Affaires sociales de l’Assemblée. Vous pouvez la télécharger en cliquant ici.

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