Nos aliments sont-ils pollués ?

[30 juin 2011 - 12h48] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h46]

Du plomb et du cadmium dans le pain, de l’aluminium dans les pâtes, du zinc dans le lait… Un travail mené par l’Agence nationale de Sécurité sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES) publié aujourd’hui, montre bien que toutes ces substances sont présentes dans notre alimentation. Elles le sont toutefois en très faibles quantités, et sans danger pour l’alimentation courante. Il suffit d’avoir une alimentation à la fois diversifiée et équilibrée, pour écarter les risques.

L’étude de l’Alimentation totale (EAT), a été lancée en 2006 par l’Agence française de Sécurité sanitaire des Aliments (AFSSA), qui a précédé l’ANSES. Elle avait pour but principal la recherche de 445 substances chimiques, à partir de 20 000 aliments. Un travail de titan ! Pendant 5 ans, les équipes de l’ANSES ont du analyser pas moins de… 250 000 échantillons. « Pour 85% des substances qui ont pu faire l’objet d’une évaluation, le risque peut être écarté pour la population générale. », rassurent les auteurs.. « Les expositions des consommateurs restent toujours en-deçà des valeurs toxicologiques de référence (VTR) disponibles ».

En revanche, le risque de dépassement ne peut être exclu pour certaines catégories de la population. Les consommateurs par exemple, qui absorbent de grandes quantités d’aliments très spécifiques. Par exemple, le pain contient de rès faibles doses de cadmium, de plomb et de mycotoxines, Les pâtes (aluminium), le café (cuivre, arsenic inorganique, acrylamide) et le lait (plomb, arsenic inorganique) sont également porteurs de substances indésirables. Aux doses usuelles, pas de problème. Mais des régimes déséquilibrés privilégiant abusivement tel ou tel de ces aliments seraient à déconseiller. L’ANSES explique par conséquent, que « les actions de gestion des risques doivent être poursuivies, pour réduire les teneurs (en) contaminants des aliments très contributeurs ». Il est pourtant bien dommage que ce travail par ailleurs très riche, ne précise pas les doses maximales ni ce qu’il faut entendre par « fortes quantités »…

Encore trop de sel ?

D’autres aliments contribuent fortement à nous exposer à des substances indésirables. C’est le cas des poissons gras qui sont contaminés en dioxines, ou du thon qui l’est par le méthylmercure. Et pour l’ANSES, « il convient de respecter les recommandations de consommation (modérée) de (ces) poissons ». Là encore donc, le salut réside dans la modération et la diversification.

Voilà pourquoi l’Agence insiste sur l’importance d’une alimentation diversifiée et équilibrée. Elle craint enfin des apports excessifs en sodium pour les amateurs de pain, de charcuterie, et de fromages. « Poursuivons les efforts de réduction des apports en sodium, en conformité avec les orientations du Programme national Nutrition Santé (PNNS) ».

Pour aller plus loin : prenez connaissance de l’Etude de l’Alimentation Totale : Tome I et Tome II.

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