Nos vêtements sont-ils pollués ?

23 août 2011

Des tee-shirts, des sous-vêtements, des « sweat » à capuche et autres chemises et pantalons… Greenpeace a analysé des vêtements de 15 marques qui commercialisent leurs produits à travers le monde. Les auteurs y ont découvert des traces de… perturbateurs hormonaux dont l’emploi et la mise sur le marché sont interdits en Europe depuis plusieurs années. Explications.

Les auteurs de ce travail ont passé au crible 78 articles, représentant 15 marques : Adidas®, Abercrombie & Finch®, Calvin Klein®, Converse®, G-Star Raw®, Gap®, H&M®, Kappa®, Lacoste®, Li-Ning®, Nike®, Puma®, Ralph Lauren®, Uniqlo® et Youngor®. Les vêtements en question ont été fabriqués dans 13 pays différents. Ils ont également été achetés dans 18 Etats. A noter que la France ne figure pas parmi ces derniers, contrairement à de nombreux voisins comme l’Allemagne, l’Italie, la Suisse, l’Espagne.

Le rapport est intitulé Dirty Laundry 2, autrement dit Linge sale en français. Et pour cause, Greenpeace a retrouvé des traces d’éthoxylates de nonylphénols (NPE) dans 52 des articles testés. De quoi s’agit-il ?

Ces substances appartiennent à la famille des alkyphénols. Dans sa fiche toxicologique, l’Institut national de Recherche et de Sécurité (INRS) signale des effets cancérigènes et sur la reproduction. Sans compter que les NPE peuvent aussi entraîner des irritations cutanées.

Pas de risques connus pour les porteurs des vêtements ?

A l’état « naturel », ces produits se présentent sous « la forme d’un liquide visqueux jaune pâle et dégagent une légère odeur phénolique », ajoute de son côté l’Institut National de l’Environnement industriel et des risques Industriels (INERIS). Dans l’industrie du textile, les NPE sont employés comme agents tensio-actifs. Mais leur usage en Europe dans le traitement des vêtements et des cuirs est interdit depuis 2003.

Dans son rapport, Greenpeace insiste sur le fait que ces produits ont tendance à s’accumuler dans l’environnement. Et pour cause, le simple fait de « passer les vêtements en question sous l’eau permet d’éliminer les résidus de NPE », précisent les auteurs. Une bonne nouvelle pour celles et ceux qui les portent mais pas pour les eaux souterraines (voir infographie ci-contre)… « Même si la présence de NPE est faible sur chaque vêtement, les rejets peuvent être considérables », à l’échelle d’une population, précise Greenpeace.

En revanche, les auteurs rassurent les clients. « Les niveaux constatés ne sont pas censés présenter un risque pour la santé des personnes qui les portent ». Il n’empêche qu’ils appellent les fabricants à ne plus utiliser ces substances, dans quelque pays que ce soit.

Aller plus loin :
– télécharger le rapport de Greenpeace intitulé Dirty Laundry 2.
– télécharger la fiche toxicologique des nonylphénols (INRS).

  • Source : Greenpeace, 23 août 2011 – INRS, (fiche fiche toxicologique du nonylphénol), - INERIS, Nonylphénols et ethoxylates, 10 mai 2005

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