Obésité : le sport en groupe, ça motive !

[16 juin 2010 - 11h05] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h39]

Si bien des obèses éprouvent des difficultés à se mettre à l’exercice physique, c’est qu’ils sont confrontés à de nombreux obstacles. Physiques et psychologiques. Pour les surmonter, le sport en groupe reste encore un des meilleurs tremplins qui soient.

Image du corps dégradée, peur du regard des autres… Ce sont bien sûr, de vrais problèmes. Mais ils sont aggravés par une gêne fonctionnelle bien réelle, et des douleurs articulaires d’autant plus handicapantes qu’elles sont ciblées dans les articulations portantes : chevilles et genoux. Sans oublier bien sûr, les risques cardiovasculaires liés à une pratique mal encadrée.

Avec un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30, il est souvent difficile de s’inscrire dans un club sportif, de faire un footing dans le parc voisin ou d’aller à la piscine… Résultat, l’abstention d’exercice physique est fréquente dans ces conditions. « Lorsqu’on leur conseille de faire de l’exercice régulièrement, la plupart (des obèses) privilégie le vélo d’appartement, le tapis de marche ou… la Wii®. Ainsi, chez eux, ils sont à l’abri du regard des autres », explique le Dr Agnès Sallé, endocrinologue et nutritionniste au CHU d’Angers. Le problème, c’est que dans ces conditions d’isolement la motivation ne dure pas. D’où l’intérêt de leur proposer une activité en groupe. « Au CHU d’Angers, nous avons mis en place des ateliers destinés à ce public. Une fois par semaine, ils font du sport encadrés par un animateur spécialisé ».

Les avantages de cette approche sont nombreux. Physiquement, « la pratique régulière d’une activité physique augmente les capacités fonctionnelles des sujets obèses, améliorant leur état de santé général. L’exercice modifie la proportion de graisse et de muscles dans le corps, permettant de brûler davantage de calories. Les mesures diététiques ensuite, fonctionnent bien mieux », explique Agnès Sallé. Psychologiquement, cet atelier dédié permet aux patients de reprendre confiance. Comme ils sont entre eux, ils affrontent plus facilement le regard des autres. « Parmi les patients qui, en consultation, envisagent de suivre l’atelier, 80% s’y rendent vraiment. Et 80% de ceux qui y participent une fois persévèrent tout au long de l’année ». Après un an de suivi, certains poursuivent une activité physique en groupe, en dehors de l’atelier. C’est d’ailleurs l’objectif poursuivi par les médecins du CHU. Un objectif pas toujours facile à atteindre…

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