Perturbateurs endocriniens : l’Académie fait le point

[02 juin 2010 - 16h25] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h38]

Les perturbateurs endocriniens sont des produits chimiques qui ressemblent ou agissent comme des hormones. Parmi ces derniers le fameux bisphénol A, présent dans de nombreux produits du quotidien. L’académie nationale de Médecine a débattu hier, de ses effets toxiques.

Le Pr Ana Soto, de l’Université Tufts à Boston, aux Etats-Unis, est une spécialiste mondialement reconnue pour ses travaux sur le bisphénol A. Elle a rappelé les parallèles observés entre les effets de cette substance et ceux du Distilbène, tristement célèbre. Même si les dangers et les inconvénients du bisphénol sont majorés en période de formation des organes (pendant la grossesse, donc), une exposition peut avoir des conséquences néfastes, quel que soit le moment de la vie où elle survient. « Je ne sais pas ce que l’on attend pour l’interdire » a-t-elle souligné. « Il faut appliquer le principe de précaution au bisphénol A. »

Les effets combinés de plusieurs perturbateurs endocriniens sont actuellement à l’étude. C’est-à-dire qu’un produit seul ne présentera peut-être pas de risque, mais il deviendra nocif dès lors qu’il sera utilisé conjointement à d’autres. Comme l’a rappelé le Pr Pierre Jouannet, spécialiste en biologie de la reproduction, « la période foetale est une fenêtre d’exposition très sensible aux conditions environnementales. Et même si les effets toxiques du bisphénol A sont encore à démontrer, des effets combinés doivent être recherchés. »

Rappelons que de nombreuses études pointant de possibles effets toxiques du bisphénol A ont été menées: maladies cardiovasculaires, diabète de type 2, perturbations intestinales… Par ailleurs, son interdiction pure et simple dans les plastiques alimentaires est en discussion. En attendant, un étiquetage systématique serait déjà bien utile.

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