SIDA : Un pas de plus vers un vaccin…

[24 septembre 2009 - 12h45] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h34]

Des chercheurs américains annoncent avoir mis au point un vaccin expérimental qui diminuerait le risque de contamination par le virus du SIDA. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l’ONUSIDA pour leur part, se veulent « optimistes » mais rappellent qu’ « il reste beaucoup de travail à faire », avant la mise en place d’un véritable vaccin préventif.

Conduit par l’armée américaine, cet essai (RV144) de phase III a été mené en Thaïlande depuis 2003, auprès de 16 000 volontaires séronégatifs de 18 à 30 ans. La moitié a reçu le candidat vaccin, les autres un placebo. Un programme de conseil et d’information sur la prévention a également été mis en place, accompagné de la distribution de préservatifs.

« La vaccination selon un schéma de primovaccination/rappel, combinant les vaccins ALVAC® HIV et AIDSVAX® B/E a réduit le taux d’infection de 31,2% par rapport au placebo », explique le Général Eric Schoomaker, médecin-chef de l’armée américaine.

Pour l’Agence nationale de Recherche sur le SIDA et les hépatites virales (ANRS), « cet essai apporte pour la première fois, la preuve (…) qu’un vaccin protecteur contre le VIH est possible ». Elle ajoute toutefois que « les candidats vaccins testés lors de cet essai ont été conçus il y a plus de 10 ans. La communauté scientifique doit poursuivre ses efforts (…) pour aboutir à des candidats vaccins plus efficaces ».

Prudence de l’OMS et de l’ONUSIDA

Dans un communiqué de presse conjoint, l’OMS et l’ONUSIDA parlent « d’un nouvel espoir » et encore « d’avancée scientifique significative ». Même s’il s’agit d’un « effet protecteur modeste », relativisent-elles.

De nombreuses questions restent en suspens. Les « données de cette étude doivent être analysées en profondeur pour mieux comprendre le mécanisme et la durée de la protection » (…) et « savoir s’il peut être utilisé dans d’autres parties du monde ».

L’OMS et l’ONUSIDA insistent enfin sur le fait que « ces vaccins présentant une efficacité modeste pourraient être utilisés plutôt en complément d’autres stratégies ». Les agences onusiennes citent notamment celles qui « visent à faire évoluer les comportements et les normes sociales, à promouvoir l’usage du préservatif, l’accès à du matériel d’injection sûr ainsi que la circoncision ».

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