Sevrage tabagique : les aides médicamenteuses sous surveillance

[22 octobre 2008 - 12h34] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h30]

Avec 25 décès notifiés depuis sa mise sur le marché français en septembre 2001, le bupropion n’a rien d’anodin. Cet antidépresseur reconverti en aide médicamenteuse au sevrage tabagique et commercialisé sous le nom de Zyban présente un rapport bénéfice/risque moins favorable que celui des substituts nicotiniques. La Revue Prescrire dresse un bilan à 5 ans.

Entre septembre 2001 et septembre 2006, 1 831 notifications d’effets indésirables (sur 930 000 patients traités en France) ont été enregistrées par la Commission nationale de Pharmacovigilance de l’AFSSaPS. Et 520 ont été jugées graves. Les troubles les plus fréquents ont été des convulsions, des réactions cutanées et allergiques, des tentatives de suicide et l’apparition de troubles coronariens.

Les décès – au nombre de 25 à ce jour, donc – se repartissent comme suit : 16 morts subites inexpliquées, 4 suicides, 2 ruptures d’anévrisme, 2 surdoses et une insuffisance respiratoire aiguë. C’est plus sérieux que le tartrate de varénicline (Champix) de l’Américain Pfizer. Ce dernier, malgré des troubles psychiatriques, cardiovasculaires et neurologiques graves observés en 14 mois d’utilisation, n’a en effet jamais été impliqué directement dans un décès. Une sécurité qui n’empêche nullement l’AFSSaPS de poursuivre le suivi renforcé de pharmacovigilance auquel est soumis le Champix.

Prudence donc si vous êtes candidat au sevrage tabagique par aide médicamenteuse. Il est indispensable que vous soyez rigoureusement encadré. Renseignez-vous auprès de votre médecin. Enfin rappelez-vous que les traitements de substitution sous forme de gommes à mâcher et de timbres transdermiques par exemple, sont des aides efficaces au sevrage et n’ont jamais tué personne. Les timbres transdermiques sont même autorisés chez la femme enceinte.

Partager cet article