Une 3ème vague de déremboursements

[20 juin 2006 - 00h00]

Xavier Bertrand devrait se voir prochainement recommander le déremboursement de 143 médicaments au Service médical rendu SMR) jugé “insuffisant”. Essentiellement concernés, des vasodilatateurs cérébraux. Casse-tête pour un résultat en demi-teinte ?

Et de trois ! La liste que les services de l’Etat devraient bientôt rendre publique sera la troisème du genre, après celle finalement édictée –après bien des atermoiements– par Jean-François Mattéi au début de l’été 2003. L’Union nationale des Caisses d’Assurance Maladie (UNCAM) entend ramener de 6,3 milliards à 3,5 milliards d’euros le déficit de la Sécu. Elle a déjà identifié 720 millions d’économies dont 450 millions devront venir du médicament. CQFD.

Sur un total de 17 milliards de dépenses remboursables, la pression est réelle. Le résultat sera-t-il au rendez-vous ? C’est toute la question. Car les vasodilatateurs cérébraux, essentiellement visés par la mesure, ne sont pas des médicaments de fantaisie. Leur SMR est jugé suffisant dans la moitié des prescriptions, effectuées dans le cadre des bonnes pratiques médicales. Les autres représentent tout de même un chiffre d’affaires “indu” estimé à 200 millions d’euros par an… Pour les caisses, la question restera de savoir comment distinguer les prescriptions médicalement fondées de celles qui ne le seront pas.

La prochaine “exécution” de cette mesure ne sera pas simple. L’objectif affiché n’est pas il est vrai d’améliorer la santé publique mais celle du budget de la Nation. Avec 320 millions d’économies espérés sur ce seul poste -mais combien effectivement réalisés ?- l’objectif des 2,8 milliards sera bien loin. Quant aux autres sources d’économies évoquées dans le projet de rapport 2006 de l’UNCAM, elles relèvent de “l’argent de poche” : 120 millions récupérés sur les marges des grossistes-répartiteurs, 120 sur certains actes professionnels, 60 sur les prescriptions de transports sanitaires, 60 encore sur la fraude et 50 sur les préparations magistrales. En tout 720 millions. Manquent pratiquement 2,1 milliards. Pour l’essentiel (1,8 milliard) ils devront venir de “recettes nouvelles“. Cibles attendues : les revenus du patrimoine -taxation de l’épargne- et les sources de dépenses pour la santé publique que sont le tabac et l’alcool. En tout état de cause, la douloureuse sera… douloureuse.

Partager cet article