En Inde, le trafic sexuel alimente dangereusement l’épidémie de VIH-SIDA. Des chercheurs américains révèlent en effet que près de 40% des jeunes femmes contraintes à la prostitution seraient séropositives. Elles viennent le plus souvent, du Népal voisin.

En Inde, plus de 2,5 millions de personnes vivent avec le virus du SIDA. C’est le troisième pays au monde le plus touché par la pandémie. L’étude menée par le Pr Jay Silverman et ses collègues (Harvard School of Public Health de Boston) s’est appuyée sur les dossiers médicaux de 287 jeunes népalaises victimes durant la période 1997-2005, du trafic sexuel qui sévit entre les deux pays.

Il en ressort que quatre prostituées sur dix sont porteuses du VIH, alors que leur moyenne d’âge n’excède pas 17 ans… D’ailleurs plus elles commencent tôt, plus le risque d’infection est élevé. Ainsi le taux de séropositivité dépasse-t-il 60% parmi les jeunes filles ayant débuté avant 15 ans ! Dans ce triste décompte, une ville ressort comme le réservoir des contaminations : Bombay, capitale économique de l’Inde.

Pour les auteurs, la forte prévalence de la séropositivité chez les jeunes prostituées s’expliquerait par les pratiques sexuelles des hommes qui fréquentent les maisons closes. « Ils préfèrent généralement les très jeunes filles, souvent présentées comme vierges et donc, non infectées par le VIH »… Confrontées à cette « demande du marché », les petites de 14 ans se retrouvent en première ligne face au virus. Et elles en payent le prix fort …

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