VIH/SIDA : moins de comprimés pour une meilleure observance

[29 juillet 2010 - 15h00] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h39]

Les traitements antirétroviraux c’est peu de le dire, sont souvent très contraignants. Ils nécessitent un suivi quotidien – et souvent pluriquotidien -… pendant souvent des années. Toutefois grâce à la recherche, le nombre de prises a tendance à diminuer significativement, ce qui permet d’améliorer le confort des malades… et l’observance des traitements. Ces contraintes en fait, sont la rançon du succès introduit en 1996 par les trithérapies fondées sur des anti-rétroviraux à haute efficacité (HAART). Grâce à cette révolution en effet, l’infection à VIH a cessé d’être assimilée à un arrêt de mort à court terme pour devenir une maladie chronique à part entière.

Certes, nous sommes loin aujourd’hui des poignées de médicaments que les malades devaient absorber chaque jour, à l’occasion de prises nombreuses. Dès l’apparition des trithérapies en 1996, les chiffres avaient été orientés à la baisse pour ne plus dépasser qu’exceptionnellement la dizaine de comprimés, cachets et autres gélules… Aujourd’hui les prescriptions oscillent entre 1 et 5 par jour. Résultat : l’observance est très améliorée. Et le confort des malades aussi, mais la recherche se poursuit pour simplifier encore les protocoles.

Elle porte souvent sur des médicaments existants, mais dont il s’agit de modifier la formulation pour faciliter l’observance. Ainsi une étude (VERxVE) , présentée à la XVIIIe conférence internationale de l’IAS à Vienne (Autriche), a-t-elle montré qu’une seule prise quotidienne de nevirapine (Viramune®), était aussi efficace que deux… Très couramment utilisé –selon le Pr François Raffi (CHU de Nantes) il est prescrit à 35% des malades environ – ce médicament est habituellement administré en deux prises quotidiennes de 200 mg en association avec une bithérapie à base de Tenofovir/Emtricitabine (Truvada®). Son intérêt à long terme avait déjà été démontré par l’étude ARTEN, présentée en juillet 2009 au Cap (Afrique du Sud).

Menée sur 1 011 patients, l’étude VERxVE a révélé pour sa part, que la prise d’un unique comprimé de 400 mg à libération prolongée, permettait d’obtenir des résultats d’une qualité au moins aussi bonne. Après 48 semaines de traitement en effet la réponse virologique au traitement – mesurée par l’obtention d’un taux indétectable du virus dans le sang – a été de 81% pour la névirapine à libération prolongée contre 75,9% pour le traitement classique. Autrement dit, l’efficacité du traitement comme sa tolérance ont été équivalentes avec les deux modes d’administration.

« Ces études montrent que le passage de trois prises à une seule fait réellement une différence en terme d’observance. En passant de deux à une prise par jour, on observe une amélioration du confort pour le patient ». indique le Dr Jean-Michel Livrozet, (Hôpital de jour de l’Immunodéficience Humaine, Hôpital Edouard Herriot de Lyon). Viramune® présenterait également l’intérêt « de pouvoir être prise indépendamment des repas ». Rappelons qu’à ce jour, un seul traitement (Atripla®) permet l’administration d’un comprimé unique par jour. Pas à pas, ces nouvelles approches des trithérapies améliorent à la fois la qualité de vie des patients… et le suivi scrupuleux d’un traitement vital.

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