Hépatite C : encore trop de malades ignorent leur statut

[27 juillet 2016 - 10h36] [mis à jour le 27 juillet 2016 à 10h39]

Ce 28 juillet se tiendra la Journée mondiale des hépatites. L’occasion d’aborder une révolution thérapeutique dans la prise en charge du virus de l’hépatite C. Le Dr Sophie Métivier travaille au sein du service d’hépato-gastro-entérologie de l’hôpital Purpan de Toulouse. Elle nous explique quel est le parcours de soins. Elle revient également sur l’élargissement de l’accès aux nouveaux traitements.

L’hépatite C est à l’origine de 500 000 décès par an dans le monde, dont 3 000 en France. Et dans notre pays, environ 75 000 patients infectés ignorent leur maladie, s’exposant à un risque de complications graves. Pourtant les médecins disposent désormais de traitements qui permettent de guérir en moins de 3 mois. Encore faut-il que le dépistage soit efficace et la prise en charge rapide. Sur ce dernier point l’hôpital Purpan de Toulouse semble être parmi les pionniers.

« Le diagnostic d’hépatite C est la plupart du temps réalisé par le médecin généraliste qui ensuite va nous adresser son patient », explique le Dr Sophie Métivier. « Depuis plusieurs années, afin de faciliter la prise en charge des patients, nous avons mis en place une consultation dite de première fois. Ainsi, notre équipe médicale bloque chaque lundi après-midi, dans l’agenda, un créneau de deux heures trente pour recevoir les nouveaux patients souffrant d’une hépatite C. Cela permet aux patients d’obtenir un rendez-vous dans des délais très courts ».

A la fin de cette consultation et en fonction de la sévérité de l’atteinte hépatique, les patients se voient proposer dans la foulée un examen approfondi de leur foie par des méthodes non invasives. « Ainsi, ils peuvent rentrer chez eux avec un diagnostic extrêmement précis et ce dans la même journée », précise le Dr Métivier.

Révolution thérapeutique et accès universel au traitement

L’autre originalité de cet établissement repose sur la rapidité de la prise en charge médicamenteuse. « Pour bénéficier du traitement, nous devons prendre une décision dans le cadre d’une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP). Elle se tient dans notre service de manière hebdomadaire. Ainsi les dossiers sont traités en moins d’une semaine, ce qui est très important pour les patients. L’objectif c’est de gagner du temps sur l’évolution de la maladie ». C’est d’autant plus important qu’aujourd’hui, les médicaments antiviraux à action directe agissent de manière très efficace.

Il reste toutefois un problème majeur en France. « De nombreux patients qui pourraient bénéficier du traitement échappent encore au système de dépistage et/ou de prise en charge, alors que pour certains ils sont à un stade sévère de la maladie ».

Cette révolution thérapeutique permet certes de guérir l’hépatite C. Cependant d’autres défis sont à relever. Le premier consiste à renforcer les actions de dépistage, notamment auprès des patients à risque de contamination. Le second est de poursuivre la recherche. Objectif, raccourcir les durées des traitements et soigner certaines souches du virus de l’hépatite C pour lesquelles les traitements actuels ne sont pas indiqués. D’ailleurs de nouvelles molécules sont en cours de développement.

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