Pas encore systématique dans les cabinets médicaux, la mesure de la fréquence cardiaque (FC) au repos pourrait rapidement le devenir. C’est en tout cas le souhait du Dr Patrick Jourdain, cardiologue au centre hospitalier René Dubos de Pontoise (Val d’Oise). A ses yeux, c’est « un facteur de risque cardiovasculaire à part entière, indépendant des autres : tension artérielle et cholestérolémie ».

D’une manière générale, « plus la fréquence cardiaque au repos est élevée, plus le risque de décès par mort subite dans les 10 à 15 années qui suivent est important », explique-t-il. Et cette vérité s’applique aussi bien aux patients souffrant d’une maladie coronarienne qu’aux sujets en bonne santé.

70 battements par minute. Pour les cardiologues, une fréquence cardiaque au repos est élevée si elle dépasse 70 pulsations par minute. Mais gare à l’interprétation des chiffres. « Si une personne présente une FC élevée, cela signifie tout simplement que son risque de décès par mort subite, à 10 ans, est plus important qu’une autre dont la FC est moins élevée », insiste Patrick Jourdain.

De l’exercice. Pour agir sur son espérance de vie et ramener un rythme cardiaque entre 60 et 70 battements par minute, rien de mieux que la pratique régulière d’une activité physique. La marche active par exemple. « Ajoutons l’arrêt du tabac et le suivi d’un régime alimentaire équilibré, notamment chez les personnes en surcharge pondérale », enchaîne le cardiologue.

Comment mesurer ? Curieusement, il n’existe aucun « standard » comme c’est le cas pour l’auto-mesure de la tension artérielle. Poignet, cou, qu’importe. « L’important est d’être au repos dans un endroit calme et peu lumineux depuis 30 minutes, d’effectuer trois mesures et d’en faire une moyenne », détaille le Dr Jourdain. Au cabinet médical, c’est une toute autre histoire. Au médecin de prendre le temps d’éliminer tout effet blouse-blanche…

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