Lutte contre le dopage : l’industrie pharmaceutique s’implique… enfin

[21 novembre 2012 - 10h16] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h54]

Une nouvelle étape dans la lutte contre le dopage a-t-elle été franchie le lundi 12 novembre dernier à Paris ? Pour la première fois, une conférence internationale a jeté les bases d’une collaboration étroite entre les représentants de ceux qui conçoivent et produisent les médicaments détournés à des fins de dopage – les laboratoires pharmaceutiques – et les acteurs de la lutte contre ces pratiques.

L’événement était organisé par le ministère français des Sports, le Conseil de l’Europe, l’UNESCO et l’Agence mondiale anti-dopage (AMA). « Je suis convaincue que (…) ce symposium constituera une étape fondatrice pour la mise en rapport de deux mondes qui n’ont pas toujours l’habitude de travailler ensemble. Mais dont l’association (sera décisive) pour façonner et imposer un sport plus propre à l’avenir », a déclaré la ministre des Sports, Valérie Fourneyron.

L’un des objectifs de ce rendez-vous était d’explorer les moyens de forger des partenariats entre les autorités anti-dopage et l’industrie pharmaceutique. Afin notamment que celle-ci partage des renseignements sur les médicaments en développement, susceptibles de présenter des risques de mauvaise utilisation.

Des tests en développement

Comme le souligne le Conseil de l’Europe, « de telles informations se sont avérées extrêmement utiles dans le développement précoce de méthodes de détection. Elles ont notamment permis à l’AMA d’être à l’origine de sanctions de sportifs qui avaient utilisé une substance interdite – la CERA – lors des Jeux olympiques de Pékin en 2008. »

La CERA est en effet, un excellent exemple du bien-fondé de cette collaboration. C’est un agent stimulant de l’érythropoïèse de troisième génération, conçu par le Suisse Roche. Ce fabricant a ainsi travaillé avec l’AMA pour développer un test capable d’analyser les échantillons de sportifs.

D’autres initiatives visant à lutter contre le dopage, ont également été discutées lors de la Conférence. « Notamment la création d’un cadre de collaboration future entre l’AMA et le secteur de la santé, ainsi que le financement éventuel de recherches antidopage pertinentes », conclut le Conseil de l’Europe.

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