Accueil » Médecine » Dermatologie » Cancer de la peau : plus fréquent mais mieux traité, le double visage du mélanome
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Le mélanome touche chaque année environ 18 000 nouvelles personnes en France, causant près de 2 000 décès. Si le nombre de cas ne cesse d’augmenter depuis plus de trente ans, les dermatologues observent une stabilisation récente de la mortalité grâce à deux facteurs essentiels : un dépistage plus précoce et l’arrivée de traitements innovants.
Ce cancer, qui se développe à partir des mélanocytes (cellules responsables de la pigmentation de la peau), peut ressembler à un simple grain de beauté. Mais certains signes doivent vous alerter.
Face à cette situation, la Société Française de Dermatologie (SFD) a lancé une initiative nationale baptisée « YES, I CAN ». Un slogan – rappelant celui de Barack Obama lors de sa campagne présidentielle de 2008 – visant à sensibiliser le grand public à l’auto-examen de la peau et des taches et grains de beauté :
Les experts insistent sur l’importance d’une double démarche dans la lutte contre le mélanome : prévention d’une part, en limitant l’exposition aux UV naturels et artificiels, et dépistage précoce d’autre part.
L’auto-examen régulier de sa peau, complété par une consultation chez un dermatologue en cas de doute, reste le meilleur moyen de détecter rapidement un mélanome. Plus le diagnostic est précoce, plus les chances de guérison sont élevées, avec une prise en charge moins lourde.
Si le traitement du mélanome repose principalement sur la chirurgie à un stade précoce, environ 15 % des patients connaîtront une récidive locale, ganglionnaire ou métastatique, associée à un pronostic plus sombre. C’est précisément dans ces cas que les innovations thérapeutiques récentes ont changé la donne.
Depuis 2011, l’arrivée de l’immunothérapie et des thérapies ciblées a profondément transformé la prise en charge du mélanome métastatique. Les médicaments anti-PD1, aujourd’hui utilisés en première intention, permettent d’obtenir des réponses durables chez 35 à 45 % des patients. Plus impressionnant encore, les associations d’immunothérapies peuvent permettre jusqu’à 60 % de réponses, au prix d’une toxicité plus élevée, souligne néanmoins la SFD.
Ces traitements innovants sont désormais également utilisés à des stades plus précoces de la maladie, dans le but de réduire le risque de récidive et d’évolution métastatique.
« Ces avancées offrent aujourd’hui de nouvelles perspectives à des patients qui, il y a encore une dizaine d’années, ne disposaient d’aucune option thérapeutique efficace », rappelle le Pr Gaëlle Quéreux, ancienne Présidente de la SFD.

Source : Société française de dermatologie

Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet
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