Cancer du sein, le dépistage améliore la survie même dans les stades tardifs

25 février 2026

Le dépistage organisé du cancer du sein est bénéfique car il améliore la survie des femmes chez lesquelles il est diagnostiqué. Mais son intérêt ne se limite pas aux formes détectées à un stade très précoce : des chercheurs démontrent que, même lorsqu’il est identifié à un stade tardif, notamment métastatique, le dépistage améliore la survie à 10 ans après le diagnostic.

Une étude de grande ampleur britannique et danoise a examiné si les gains concernant la survie au cancer du sein grâce au dépistage organisé (par mammographie) s’expliquaient uniquement par la détection à un stade précoce. La réponse est que les bénéfices en termes d’amélioration du taux de survie ne concernent pas uniquement les formes précoces de cancer du sein, mais également celles découvertes à des stades bien plus avancés.

Les chercheurs du King’s College London, de Queen Mary University of London et de University of Southern Denmark montrent que les femmes dont un cancer du sein est détecté par mammographie au stade IV* présentent une survie globale à dix ans de 60 % après le diagnostic, contre 20 % chez les patientes atteintes d’un cancer de même stade non dépisté, soit un taux trois fois supérieur. Ces résultats ont été publiés le 19 février dans le Journal of the National Cancer Institute.

Pour obtenir ces résultats, les scientifiques ont associé les données danoises de dépistage du cancer du sein (2010-2019) aux registres nationaux de mortalité (2010-2022). L’analyse porte sur 817 128 femmes dépistées, dont 32 827 diagnostiquées avec un cancer du sein ; 8 % des cancers étaient classés stade III ou IV. Puis la mortalité des patientes a été comparée à celle des femmes indemnes de cancer, afin de quantifier la surmortalité associée à la maladie.

Donnée supplémentaire : à cinq ans, la survie des femmes atteintes d’un cancer du sein de stade IV dépisté atteint 74,7 %, un taux comparable à celui des patientes symptomatiques de stade IIIC n’ayant jamais participé au dépistage (72,6 %). Pour mémoire, le stade IIIC concerne une tumeur de plus de 5 cm de diamètre, qui a envahi de nombreux ganglions axillaires ou mammaires.

Davantage de cas opérables grâce au dépistage

Pourquoi un tel bénéfice ? Les chercheurs avancent une explication soutenue par les chiffres.

Le diagnostic obtenu dans le cadre du dépistage a conduit plus souvent à une prise en charge chirurgicale : environ deux tiers des patientes dépistées ont été opérées (67 %), alors que l’intervention n’a concerné qu’une minorité des femmes sans antécédent de dépistage (23 %). Ainsi, même en présence d’une maladie cancéreuse étendue, une intervention chirurgicale visant à retirer entièrement la tumeur pouvait parfois être proposée. Autrement dit, même en présence d’une maladie métastatique, la chirurgie pouvait parfois être réalisée pour contrôler la tumeur. Le dépistage favorise donc l’identification de situations où un traitement peut être engagé rapidement.

Selon les auteurs, « la meilleure survie observée chez les femmes atteintes d’un cancer du sein de stade IV dépisté par dépistage organisé suggère que le dépistage du cancer du sein n’est peut-être pas intervenu trop tard ». Ils ajoutent : « les cas dépistés ont systématiquement démontré une survie supérieure à tous les stades. Bien que l’avantage en termes de survie soit modeste pour les cancers de stade I à III, une différence de 40 % a été observée sur 12 ans pour les cancers du sein de stade IV. Les cancers de stade IV dépistés par dépistage présentaient des résultats nettement meilleurs, se prolongeant jusqu’à 12 ans après le diagnostic, ce qui suggère une détection plus précoce des oligométastases (stade intermédiaire du cancer où le nombre de métastases est restreint, généralement 1 à 5, situées dans un petit nombre d’organes, ndlr) ».

Moins d’une femme sur deux invitée au dépistage y participe

Tous les stades de cancer du sein au diagnostic peuvent donc tirer bénéfice du dépistage organisé. Un message que toutes les femmes devraient avoir en tête alors que le taux de participation au programme national de dépistage organisé du cancer du sein (qui cible les femmes de 50 à 74 ans) s’oriente à la baisse en France.

Selon les dernières données de Santé publique France, un peu moins d’une femme sur deux invitée au dépistage y participe. Si l’on ajoute les mammographies réalisées hors du programme (dépistage individuel), la couverture globale du dépistage (organisé et opportuniste) avoisine 60 % chez les femmes de 50 à 74 ans.

*Forme avancée correspondant, dans la classification TNM (Tumor, Node, Metastasis), à la présence de métastases

  • Source : Amy Tickle, Judith Offman, Bernard North, et al, Improved stage-specific survival in screen-detected breast cancer in Denmark: a cohort study, JNCI: Journal of the National Cancer Institute, 2026; djaf377 ; Participation au programme de dépistage organisé du cancer du sein en 2024 et évolution depuis 2005. Publié le 6 mai 2025 par Santé publique France.

  • Ecrit par : Hélène Joubert ; Édité par Emmanuel Ducreuzet

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