Santé : le gouvernement dévoile son plan d’avenir

[18 septembre 2018 - 12h41] [mis à jour le 18 septembre 2018 à 12h42]

Ce mardi 18 septembre, le Président de la République a présenté sa Stratégie de transformation du système de santé. Assistants médicaux, fin du numerus clausus en études de médecine, intelligence artificielle, prévention musclée… les mesures sont multiples. Précisions.

A 10 heures ce 18 septembre, Emmanuel Macron a prononcé son discours sur les chantiers attendus d’ici à la fin du quinquennat, dans le monde médical. La Stratégie de transformation du système de santé devrait permettre une prise en charge de qualité à un maximum de français. Mais aussi « d’alléger la pression » des professionnels. Cette transformation tient en 3 séries de mesures :

Favoriser l’accès aux soins : il s’agit de « regagner du temps médical en s’assurant de former, et de bien former, suffisamment de médecins. On ne peut pas se satisfaire du système actuel ».
Première piste, la rénovation complète des études de médecine : le numerus clausus sera supprimé. « Un gâchis qui concerne 25 000 étudiants. » Ainsi, « dès 2020 il n’y aura plus de concours de sélection la première année (PACES). Les ministres détailleront toutes les formations et passerelles accessibles en s’inscrivant en faculté de médecine. L’idée est d’évaluer les compétences humaines (…)que le QCM ne permet pas d’évaluer ». Mais « ne nous leurrons pas sur l’efficacité immédiate d’un tel dispositif, cette mesure aura un impact dans 10 à 15 ans », prévient le Président.

Seconde idée, « continuer à décharger les médecins d’actes qui peuvent être fait par d’autres corps de métiers comme les orthoptistes et les infirmiers ». Pour épauler les médecins, « 4 000 postes d’assistants médicaux seront mis en place, puis nous en financerons autant que nécessaire ». Ces postes seront financés « auprès des généralistes et spécialistes pour lesquels des difficultés d’accès aux soins sont identifiées ». Les impacts positifs sont nombreux : la prise en charge de nouveaux patients, le raccourcissement des délais d’attente et la hausse des actions de prévention. « Selon les estimations, 15 à 20% de temps médical serait gagné grâce à ces mesures. »

Autre enjeu, lutter contre les déserts médicaux, une problématique qui envahit les campagnes. Mais aussi les périphéries des villes, notamment au cœur des quartiers sensibles. « Ces dix dernières années, le nombre de médecins à la retraite a doublé, en majorité dans ces territoires sensibles qui regroupent 20% de la population française. »

Pour permettre à un maximum de Français de se soigner, « nous devons développer les maisons de santé ». D’autant que les jeunes sont en demande d’exercice collectif. Concrètement, « 400 postes de médecins généralistes à exercice partagé entre la ville et l’hôpital seront financés dans les zones prioritaires ». Des professionnels « salariés par l’hôpital de proximité pour y proposer des consultations. Il s’agit d’augmenter la porosité entre la médecine de ville et l’hôpital ».

Fluidifier le parcours de soin : les pathologies chroniques se développent, en partie parce que la population vieillit. La coordination des compétences devient incontournable. Exemple, un patient qui souffre de diabète a besoin d’un réseau de proximité : médecin généraliste, endocrinologue, ophtalmologue, podologue, infirmière, nutritionniste…

A ce sujet, la priorité est « d’impulser les outils aujourd’hui insuffisants, grâce à l’intelligence artificielle notamment et à une meilleure structuration de la médecine. Il faut une mise à jour radicale de l’architecture numérique pour une prise en charge personnalisée et pour décharger les professionnels des tâches administratives ». Il s’agit aussi « de partager l’information médicale dans le respect de la confidentialité ». Le dossier médical personnalisé (DMP) sera « enfin déployé à l’échelle nationale en novembre prochain ». L’objectif est de « tout faire pour que ses communautés professionnelles couvrent le territoire au 1er juillet 2021 ».

Fluidifier le parcours de soins, c’est aussi « désengorger les urgences : 1 passage aux urgences sur 5 relève d’une consultation de médecine générale. Aujourd’hui, on se rend aux urgences par réflexe plus que par plaisir, ou pour une raison de disponibilités quand on trouve plus de médecin le matin ou le soir ». Mais aussi pour des raisons financières car la prise en charge aux urgences ne nécessite pas d’avance de frais. « Des hôpitaux, [précisément] des permanences de soins, seront ouverts jusqu’à 20h en ville pour absorber cette demande de soins. (…) Il faudra y proposer l’avance de frais. »

Assurer une qualité des soins homogènes : pour ce faire, les hôpitaux et les cliniques de proximité (gériatrie…) d’une part et de pointe (maternité…) d’autre part « doivent se concentrer autour des soins sur lesquels il sont le plus pertinent ». Enfin, la concurrence entre le privé et le public doit s’atténuer. Les établissements de ces deux secteurs « doivent apprendre à travailler ensemble en partageant des plateformes communes de prise en charge ».

« Nous avons à inventer les 50 prochaines années de notre système de soins. (…) Le chemin sera long, cette transformation doit être accompagnée », notamment à l’heure « où la pression budgétaire est importante », insiste le Président.

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