Centres de shoot : la France en plein débat

[12 août 2010 - 11h59] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h40]

La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot-Narquin avait profité de la Conférence mondiale de l’IAS à Vienne en juillet pour se prononcer en faveur de la « mise en place expérimentale de centres de consommation supervisés » en France.

Réclamées en urgence par les associations et certaines municipalités, ces « salles de consommation de drogues à moindre risque » sont depuis, au centre d’un vif débat. Après l’opposition de 14 députés de la majorité, le Premier ministre, François Fillon, a fait savoir qu’il n’y était pas non plus favorable. Les associations de lutte contre la toxicomanie et contre le VIH/SIDA et les hépatites s’en désolent.

« La priorité de Matignon est de réduire la consommation de drogues, non de l’accompagner, voire de l’organiser », ont annoncé les services du Premier ministre ce mercredi. Un désaveu pour la ministre de la Santé, qui avait le jour même encore réaffirmé son intérêt pour la mise en place expérimentale de ces structures. Gérard Larcher, le président du Sénat, souhaite, pour sa part, l’ouverture d’une commission parlementaire pour poursuivre le débat.

« Ces structures ont fait leurs preuves »

La discussion avait été lancée fin juin par la publication d’une <a href="https://destinationsante.com/IMG/pdf/synthese_reduction_risques(1).pdf » target= »_blank »>expertise collective de l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Sur la base des expérimentations déjà mises en place dans 8 pays – Suisse, Allemagne, Pays-Bas, Luxembourg, Espagne, Norvège, Canada et Australie – les auteurs concluaient que ces structures avaient « fait leurs preuves sur la réduction de la morbidité et de la mortalité associées aux overdoses ». De plus, l’INSERM considérait qu’elles « constituaient un lieu de refuge et d’accès aux soins de base et un trait d’union vers d’autres services, pour les usagers à très hauts risques ».

Ces centres ont pour objectif de « réduire les risques de transmission des maladies, favoriser une réintégration dans la société pour les personnes très précarisées et leur permettre un accès aux autres programmes de soutien comme l’échange de seringues », rappelle Arnaud Simon, responsable de la prévention à l’association AIDES.

La France va-t-elle aller à l’encontre de la Déclaration de Vienne qui insiste sur l’échec de la politique répressive contre les usagers de drogues injectables ? « Se focaliser sur l’unique objectif de l’abstinence ne mène a rien », conclut Arnaud Simon, d’autant que l’épidémie d’hépatite C chez les usagers de drogues continue de plus belle. D’après l’expertise de l’INSERM, ils sont 60% en France à être porteurs du virus…

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