Un nouvel horizon dans la leucémie myéloïde chronique?

[08 décembre 2009 - 15h07] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h35]

Le Glivec®, considéré comme le traitement de référence de la leucémie myéloïde chronique (LMC), serait en passe d’être détrôné par un successeur issu de la même filière de recherche.

Rendus publics hier au 51ème Congrès de l’ASH (Nouvelle-Orléans, USA), les résultats d’un important essai de phase III du Tasigna® (nilotinib) laissent espérer « une nette amélioration de la durée de survie sans progression de la maladie » a expliqué le Dr Giuseppe Saglio (université de Turin, Italie).

La leucémie myéloïde chronique est liée à une anomalie chromosomique – le « chromosome Philadelphie », qui entraîne la production anormale d’une protéine nommée Bcr-Abl. Celle-ci par une cascade de réactions, favorise la prolifération de leucocytes – des globules blancs – cancéreux. Cette forme de leucémie représente 10% à 15% des cas de leucémie dans le monde, avec une incidence de 1 à 2 cas pour 100 000 personnes et par an.

Introduit en mai 2001 par le Suisse Novartis, Glivec® (imatinib) avait constitué une percée dans la prise en charge de la LMC. Le travail présenté hier ouvrirait des perspectives d’amélioration sur la plupart des critères d’évaluation du traitement. A ce stade, 846 malades ont été incorporés à cet essai qui implique 220 sites de recherche dans 34 pays. Au bout de 12 mois, le « taux de réponse majeure » a été deux fois plus élevé dans le groupe traité par Tasigna®, que dans le groupe témoin traité par Glivec®. Or le taux de réponse majeure traduit la capacité du traitement à ramener la concentration de protéine Bcr-Abl à 0,1% – un millième, donc – de sa valeur de départ.

Logiquement aussi, à la même échéance annuelle le nombre des malades chez qui la maladie était passée en phase d’accélération a été significativement moins élevé dans le groupe traité par Tasigna® : 0,4% à 0,7% selon la dose administrée, contre 3,9%. La tolérance a été supérieure, les malades étant moins nombreux à interrompre leur chimiothérapie pour cause d’effets secondaires, que sous Glivec®. Dernière différence entre les deux produits : alors que Glivec® est administré à raison d’une prise unique quotidienne, le candidat à sa succession l’est en deux prises. Novartis a annoncé hier, le dépôt de dossiers au niveau mondial.

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