Gueule de bois : Outox s’attaque à l’ANSES

[26 octobre 2010 - 16h04] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h41]

Malgré une première mise en garde de la DGCCRF en juin dernier, puis l’avis défavorable des autorités sanitaires la semaine dernière, la société Outox qui commercialise une boisson dont elle affirme qu’elle fait baisser l’alcoolémie, ne désarme pas. « Outox France est devenu le bouc émissaire des organismes d’Etat », s’insurge même son PDG, Maurice Penaruiz.

Pour rappel, en juillet 2010 l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) avait été saisie par la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF). Celle-ci lui demandait d’évaluer le fondement scientifique des allégations utilisées par la société Outox pour sa boisson éponyme : « accélère la baisse naturelle du taux d’alcool » et « prévient les lendemains difficiles ».

Rendue publique il y a cinq jours, la conclusion de l’ANSES ne laisse guère place au doute : « Les allégations ne sont pas fondées scientifiquement et ne sont donc pas recevables », assurait l’Agence au terme de son analyse.

Cet avis est fermement contesté par la société Outox France. « Tant sur le fond que sur la forme », ses responsables s’inscrivent en faux contre l’avis de l’ANSES. Allant jusqu’à affirmer que l’ANSES « n’a pas compétence » pour statuer sur ce produit, ils ne reconnaissent que la seule autorité de l’Agence européenne en la matière… Se considérant en fait comme des victimes, ils estiment que le « gouvernement se trompe de cible » en préférant « s’attaquer à un safety-drink (…) plutôt qu’à l’alcool lui-même ». Reste à savoir si cette stratégie d’attaque frontale sera payante…

Toujours est-il qu’elle commence à agacer certaines associations de consommateurs comme la CLCV, selon laquelle « Outox dépasse les bornes » Ses représentants appellent également les pouvoirs publics « à ne pas céder (…). Il est d’ailleurs scandaleux que le fabricant prétende que l’ANSES n’a pas compétence pour se prononcer alors que l’agence a été saisie expressément par Bercy ».

Partager cet article