Hémorragie du post-partum, infections, pré-éclampsie… Dans le monde, la majorité des décès liés à un accouchement surviennent dans les 24 heures suivant la naissance. Pourtant la plupart des complications sont évitables chez la mère et l’enfant. Comment améliorer la prise en charge dans les établissements de soins ? Un point abordé dans les nouvelles recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) publiées ce vendredi 4 décembre. 

De l’hospitalisation au retour à domicile, la naissance fait appel à la plus grande vigilance médicale. Surveillance des paramètres vitaux de la mère et de l’enfant, réaction en cas de complications… autant de réflexes au cœur de la pratique obstétricienne. Mais en cas d’urgence et/ou d’obstacles liés au manque de personnel et de moyen, le risque est vite venu.

Ainsi « sur les 130 millions de naissances répertoriées chaque année dans le monde, 303 000 mères perdent la vie pendant l’accouchement ou lors du suivi post-natal », révèle l’OMS. Au total, « 2,6 millions d’enfants naissent mort-nés et 2,7 millions décèdent dans les 28 jours suivant l’accouchement ».

Renforcer la chaîne des soins

En réponse, la nouvelle « liste de contrôle de la sécurité et de l’accouchement et son guide de mise en œuvre » de l’OMS mise à disposition des établissements de santé vise à améliorer le respect des pratiques, « notamment en ce qui concerne la communication ». Comme dans tout projet d’équipe, la rigueur et l’échange entre professionnels sont en effet les clés de l’efficacité.

Ainsi, l’OMS rappelle les 4 phases de l’accouchement et du suivi post-natal pendant lesquelles les équipes médicales et paramédicales doivent travailler en symbiose : « l’admission de la mère, juste avant la poussée (ou avant la césarienne), l’heure suivant la naissance et avant la sortie de la mère et du nouveau-né ». A chacun de ces moments, les « contrôles » permanents limitent le risque de graves complications chez la mère comme chez l’enfant.

En pratique ?

Concrètement, pendant la phase « peu après la naissance », l’accoucheur doit s’assurer que la mère ne saigne pas de façon anormale, qu’elle ne présente pas d’infection, qu’elle a commencé à allaiter et qu’elle est contact en peau à peau avec son enfant. Lors de la phase « avant la sortie », l’accoucheur doit vérifier que la mère et l’enfant sont restés dans l’établissement au moins 24 heures après l’accouchement, que la tension artérielle de la mère est normale et que l’enfant se nourrit correctement.

Elaborée par des experts de la sécurité médicale, de la santé maternelle et néonatale, cette liste de recommandations a fait l’objet d’un projet pilote dans neuf pays d’Afrique et d’Asie, puis en Inde. La mise à l’essai s’est révélée concluante : « le respect des pratiques recommandées est passé d’une moyenne de 10 sur 29 avant l’introduction de la liste de contrôle à 25 sur 29 après ».

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