Alcool : la protection cardiovasculaire interroge la science

[05 avril 2017 - 16h27] [mis à jour le 05 avril 2017 à 18h10]

Boire 14 unités d’alcool par semaine protègerait le cœur contre certaines pathologies. Des résultats issus d’une étude menée par des chercheurs britanniques… à prendre avec des pincettes. En effet, ce travail reste observationnel et ne prouve donc aucun lien de cause à effet entre un potentiel pouvoir de l’alcool dans la protection cardiovasculaire.

La consommation d’alcool pourrait-elle jouer un rôle protecteur contre certaines maladies cardiovasculaires ? Pour le savoir, des chercheurs de l’Université de Cambridge et de l’Université du Collège de Londres ont évalué l’effet de ces boissons sur 12 maladies cardiovasculaires distinctes. Un travail effectué à partir de la base de données électronique CALIBER, répertoriant les informations médicales de 1,93 million d’adultes britanniques en bonne santé.

Au début de l’étude, aucun des participants n’avait souffert d’une maladie cardiovasculaire. Le degré d’exposition à l’alcool a été pris en compte : les anciens buveurs, les consommateurs occasionnels et les abstinents ont en effet été répartis dans des groupes différents.

Des résultats entre bénéfices potentiels et nuances

Comparée à l’abstinence, « une consommation modérée d’alcool* serait associée à un risque moindre de développer certaines atteintes cardiovasculaires, comme l’angine de poitrine, l’arrêt cardiaque et l’AVC ischémique », expliquent les scientifiques. Autres points, « comparés aux buveurs modérés, les gros buveurs présentent certes un risque cardiovasculaire élevé, concernant notamment l’infarctus du myocarde, l’AVC ischémique et l’arrêt cardiaque. Mais ils seraient aussi moins touchés par une angine de poitrine. Ce qui ne veut évidemment pas dire que les gros buveurs ont un risque zéro de souffrir d’une attaque cardiaque un jour ».

« C’est la première fois qu’une étude de telle ampleur se concentre sur ce sujet ». Mais ce travail reste « observationnel et ne permet en aucun cas de conclure à un lien de cause à effet direct entre une consommation modérée d’alcool et un risque moindre de souffrir d’une maladie cardiovasculaire. Il serait imprudent de considérer cette habitude comme facteur protecteur », nuancent ainsi les scientifiques. Mieux vaut privilégier « des habitudes plus saines comme la pratique régulière d’une activité physique et l’arrêt du tabac ».

A noter : En France, une unité d’alcool correspond à 25 cl de bière, 10 cl de vin, 2,5 cl de pastis ou de whisky, 10 cl de champagne.

*14 unités (112 grammes) d’alcool par semaine

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