Accueil » Santé Publique » Alopécie : quelles solutions ?

« Les pharmacies regorgent de médicaments en vente libre, à base de vitamines ou d’acides aminés qui n’ont jamais démontré une réelle efficacité contre la chute des cheveux », nous explique le Pr Giroud.
Actuellement en France, seules deux molécules sont indiquées contre l’alopécie androgénétique, le finastéride et le minoxidil. Selon le Pr Giroud, « elles présentent une efficacité certes assez faible, mais néanmoins réelle ». Autre point commun : leur effet thérapeutique est réversible. Autrement dit, la chute capillaire reprend de plus belle quelques mois après l’arrêt du traitement !
Le finastéride, un médicament par jour
Le finastéride qui agit comme un anti-androgène est utilisé depuis des années dans le traitement de l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP), à des doses plus élevées que dans l’alopécie androgénétique : 5mg contre 1mg dans le second cas, où il est prescrit chez l’homme de 18 à 41 ans.
Ce traitement médicamenteux fait actuellement l’objet d’une surveillance particulière au niveau européen, en raison de ses effets indésirables, sexuels notamment. « Les études font état d’une baisse de la libido, de troubles de l’érection, de l’éjaculation, de douleurs testiculaires », rapporte Jean-Paul Giroud. « Le traitement implique encore une surveillance hépatique en raison de l’augmentation du taux d’enzymes qu’il peut provoquer ». Et enfin, un risque de cancer du sein, faible précisons-le, mais bel et bien signalé dans quelques études. « C’est pourquoi en cas de tension mammaire ou d’augmentation de volume du sein, les patients doivent consulter leur médecin », ajoute le Pr Giroud. « Vu les effets indésirables possibles du finastéride on peut s’interroger sur la balance bénéfice/risque dans le traitement de l’alopécie androgénétique. »
Le minoxidil, en lotion deux fois par jour
Le minoxidil lui, se présente sous la forme d’une lotion à appliquer deux fois par jour – matin et soir- sur le cuir chevelu. « A l’origine, il s’agit d’un vasodilatateur. Il peut provoquer un eczéma de contact lié à la présence de propylène glycol et d’une irritation du cuir chevelu lié à la présence d’alcool. Il convient également d’éviter d’y recourir en présence d’une dermatose du cuir chevelu ». Pour le reste, « des études ont mis en évidence une augmentation du risque d’érythèmes cutanés, de rhinites allergiques, de maux de tête voire parfois d’une hypotension ».
En résumé, « dans les deux cas, il s’agit d’un traitement à vie pour un effet thérapeutique limité », conclut le Pr Giroud. Si vous êtes concerné, à la moindre question, interrogez votre médecin.

Source : Interview du Pr Jean-Paul Giroud, 21 mars 2012 – AFSSaPS, 13 mars 2012 – Médicaments sans ordonnance, les bons et les mauvais, chapitre Alopécie, chute des cheveux de Jean-Paul Giroud, Editions de La Martinière.
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