Parce que les femmes sont peu informées des risques spécifiques d’Accident vasculaire cérébral (AVC) qu’elles encourent. Parce qu’elles restent sous-représentées dans les essais cliniques. Parce que les données les concernant varient d’un pays à l’autre, une chercheuse française a décidé de compiler les publications internationales en la matière. Son objectif : «  pointer les spécificités de l’AVC chez la femme et sensibiliser les pouvoirs publics pour faire décroître ce fléau mondial ».

« Aujourd’hui, l’AVC est la première cause de handicap physique acquis de l’adulte et représente désormais la première cause de mortalité chez la femme dans le monde », explique Charlotte Cordonnier, de l’unité Inserm 1171 « Troubles cognitifs dégénératifs et vasculaires » de Lille. « L’influence de certains facteurs de risque, comme le diabète ou l’hypertension, est plus importante chez les femmes et il a été montré que la survenue d’une hypertension au cours de la grossesse affectait le risque d’AVC de nombreuses années après la grossesse. »

L’inégalité entre les femmes et les hommes ne s’arrête pas là. « Les études internationales disponibles actuellement mettent en lumière des difficultés de prise en charge et de traitement de l’AVC chez la femme », lance la chercheuse. « Les délais sont plus long pour arriver à l’hôpital, et le diagnostic moins vite posé que chez l’homme, ce qui entraîne un traitement moins approprié. »

Lancer des campagnes spécifiques

Les raisons de cette situation ne sont pas totalement claires même si les auteurs précisent que les femmes, bien que connaissant davantage les symptômes d’un AVC que les hommes, seraient moins promptes à appeler les secours pour elles-mêmes…

Des facteurs socioculturels pourraient donc être en jeu. C’est pourquoi les auteurs estiment que des recommandations internationales spécifiques sont nécessaires pour réduire l’incidence de l’AVC féminin.

Des campagnes telles que « Je suis une femme », lancée par la World Stroke Organization pourraient compléter ces dispositifs en soulignant le fait que les femmes sont souvent les premières au sein de la famille à prendre soin de la victime d’un AVC. Enfin, les essais cliniques devraient être conçus en prenant en compte la population des femmes, de manière à disposer de données plus complètes concernant les traitements et prises en charges efficaces.

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