AVC de l’enfant : agir vite pour prévenir les séquelles

[30 octobre 2019 - 15h55] [mis à jour le 30 octobre 2019 à 15h57]

Comme pour l’accident vasculaire cérébral de l’adulte, le facteur temps est fondamental dans la prise en charge de l’AVC de l’enfant. Encore faut-il savoir en repérer les signes. En France, un millier d’enfants et d’adolescents sont concernés chaque année.

Non, l’AVC ne touche pas uniquement les adultes. Les plus jeunes aussi, avec des signes avant-coureurs similaires. Déformation de la bouche, faiblesse d’un côté du corps, crises convulsives et troubles de la parole doivent vous alerter et vous conduire à appeler le 15. Même s’il vous paraît contre-intuitif qu’un enfant puisse subir un AVC, vous vous trouvez face à une urgence vitale.

Pour les enfants comme pour les adultes, plus la prise en charge est précoce, plus les chances de récupération sont élevées. Votre réactivité, l’arrivée rapide des secours et le transport de la victime dans une structure ad hoc réduisent en effet considérablement le risque de séquelles. Le secrétariat d’Etat chargé de la protection de l’enfance, qui souhaite renforcer l’information sur ce sujet, rappelle que la France compte 135 unités neuro-vasculaires et 37 centres de neuroradiologie interventionnelle, répartis sur tout le territoire. En outre, plus de 111 établissements comprenant des services d’urgence sont en liaison directe avec les unités neuro-vasculaires, via les téléconsultations et les télé-expertises.

Difficultés scolaires ou handicap psychomoteur

Sur le plan de la prise en charge thérapeutique, plusieurs options s’offrent aux médecins. La thrombolyse – injection d’un liquide pour dissoudre le caillot de sang qui bouche l’artère cérébrale, diminue de 10% les risques de décès et handicap. Depuis 2015, ces risques sont réduits de 20% grâce à la thrombectomie mécanique, pratiquée seule ou en complément de la thrombolyse. Il s’agit là de retirer le caillot sanguin en introduisant une sonde dans l’artère, de la cuisse à l’artère cérébrale bouchée.

L’AVC constitue la première cause de handicap acquis des enfants. Une large proportion d’entre eux (70%) garde des séquelles : handicap physique et/ou détérioration des capacités intellectuelles. Parce que leur cerveau est en développement, les lésions peuvent ne se manifester que quelques années plus tard, sous forme de difficultés scolaires ou de retard psychomoteur. D’où l’importance, une nouvelle fois, d’une prise en charge rapide. Car plus longtemps le cerveau est privé de sang, donc d’oxygène, plus les séquelles sont durables et importantes.

A noter : seule la moitié des AVC a une cause identifiée : à l’origine, on peut trouver une malformation congénitale, une pathologie cardiaque…

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