Biphosphonates et fractures atypiques du fémur, le lien confirmé

24 mai 2012

L’administration d’un médicament appartenant à la classe des biphosphonates peut être associée à la survenue de fractures atypiques du fémur. Or cette famille de traitements aujourd’hui, constitue le recours de référence pour la prévention des fractures liées à l’ostéoporose.

C’est par leur localisation et leurs caractéristiques radiologiques, que les fractures atypiques se distinguent des fractures du fémur ‘classiques’. Elles surviennent aussi spontanément, sans traumatisme préalable. Une étude suisse confirme l’augmentation de ce risque, déjà évoqué dès avril 2011 par l’Agence européenne du Médicament (EMA) .

« Nous avons revu de manière rétrospective les radiographies de tous les patients hospitalisés sur les 12 dernières années, pour une fracture de la partie médiane du fémur », explique Raphaël Meier, de l’hôpital universitaire de Genève. Dans ce groupe de 477 individus de plus de 50 ans, 39 souffraient d’une fracture atypique. Parmi ces derniers, 32 (soit 82%) avaient été traités par des biphosphonates, pour une ostéoporose. En comparaison, seulement 28 (soit 6,4%) des 438 patients porteurs d’une fracture classique du fémur s’étaient vus administrer ces médicaments.

Dose et durée du traitement

« Nous avons pu démontrer qu’un traitement pris au-delà de cinq ans était associé à un risque encore plus élevé de fracture atypique », ont observé les auteurs. Or justement, les patients – des femmes en majorité– sont traités au long cours, voire jusqu’à la fin de leur vie. En ce qui concerne la dose administrée, « elle est en générale standard pour tous les patients. Néanmoins plusieurs études suggèrent que plus la posologie est élevée, plus le risque est important », nous a précisé Raphaël Meier.

Ce travail confirme donc la réalité de cette complication, identifiée dès 2008 pour l’alendronate. « Il s’agit d’un effet de classe qui survient en particulier au cours de traitements prolongés. Il ne remet pas en cause le rapport bénéfices/risques de ces molécules », précisait l’EMA en 2011. Ce que confirment d’ailleurs, les auteurs : « le rapport bénéfice/risque d’un tel traitement reste favorable, cependant les patients comme les médecins devraient être conscients du risque. Celui-ci est rare, mais possible ».

En cas de douleur, de faiblesse ou d’une gêne dans la cuisse, la hanche ou l’aine, et si vous prenez ce type de médicament, consultez un médecin sans tarder.

  • Source : JAMA and Archives Journals, 21 mai 2012 ; interview de Raphaël Meier, Hôpital universitaire de Genève, Suisse, 22 mai 2012 ; ANSM, consulté le 22 mai 2012

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