Pourquoi la bronchiolite ne touche-t-elle que les nourrissons ?

[23 février 2017 - 16h11] [mis à jour le 23 février 2017 à 17h06]

La bronchiolite, voici une maladie infantile par excellence. D’ailleurs, pourquoi ne touche-t-elle que les bébés ? Une équipe franco-chinoise vient sans doute de répondre à la question. Ils ont en effet identifié de nouveaux lymphocytes B, présents uniquement chez les nourrissons, et qui constituent la cible privilégiée du virus de la bronchiolite…

Chaque année en France, près de 500 000 nourrissons contractent une bronchiolite. Première cause de consultation et d’hospitalisation dans les services de pédiatrie et en réanimation pédiatrique durant la période hivernale, il s’agit en fait d’une infection due au virus respiratoire syncytial (VRS), qui affecte les voies respiratoires basses.

Mais pourquoi, alors que l’infection reste asymptomatique chez les adultes et les enfants de 2 ans et plus, les nourrissons y sont-ils particulièrement sensibles ?

Des équipes de l’Institut Pasteur de Paris et de Shanghai viennent d’identifier une population de lymphocytes B, jamais décrite auparavant : les lymphocytes B régulateurs néonataux. Comme leur nom l’indique, ils ne sont   présents que chez les très jeunes enfants (moins d’un an).

Prendre le système immunitaire à son propre jeu

D’ordinaire, les lymphocytes B jouent un rôle protecteur contre les infections, en produisant des anticorps capables de neutraliser des pathogènes qui attaquent l’organisme.  Ceux découverts par les scientifiques ont, en revanche, des propriétés régulatrices. Ils réduisent les inflammations et la réponse immunitaire contre les virus.

En fait, le virus respiratoire syncytial possède la capacité d’activer spécifiquement ces « lymphocytes B régulateurs néonataux ». C’est pourquoi il persiste dans l’organisme du tout-petit.

« En identifiant ces nouveaux lymphocytes comme biomarqueurs pronostiques de la sévérité de la maladie, il devrait être possible à terme de détecter à la naissance les terrains à risque, et d’aider le corps médical à développer des traitements plus adaptés », soutiennent les chercheurs.

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