Cancers chez les jeunes adultes : pourquoi sont-ils en hausse ?

11 avril 2024

Le cas de Kate Middleton semble symptomatique. Plusieurs types de cancer sont de plus en plus courants chez les jeunes adultes. Si les facteurs de risque ne sont pas bien compris, des chercheurs américains avancent l’hypothèse d’un vieillissement biologique prématuré.

La princesse Kate Middleton, l’influenceuse Caroline Receveur, la journaliste Clémentine Vergnaud… Autant de personnalités jeunes ayant médiatisé leur cancer. Et la liste est longue. Certains chercheurs n’hésitant pas à parler « d’épidémie » pour qualifier la survenue de la maladie chez les moins de 50 ans. Ainsi, selon un travail publié fin 2023 dans le British Medical Journal, entre 1990 et 2019, les cancers détectés chez les 14-49 ans ont progressé de 79 % passant de 1,82 à 3,26 millions.

« Les facteurs génétiques sont susceptibles de jouer un rôle » expliquaient alors les chercheurs. « Mais les régimes alimentaires riches en viande rouge et en sel, et pauvres en fruits et en lait, la consommation d’alcool et le tabagisme sont les principaux facteurs de risque à l’origine des cancers les plus courants chez les moins de 50 ans. »

Un vieillissement prématuré

Un nouveau travail présenté lors de la réunion annuelle de l’American Association for Cancer Research reprend cette donnée et la complète. Pour les scientifiques de l’Université de Washington à St. Louis (Etats-Unis), « l’augmentation de l’âge biologique, révélatrice d’un vieillissement accéléré, pourrait contribuer au développement de cancers précoces ».

Notre âge biologique fait référence à l’état réel de notre organisme. Il est influencé par divers facteurs comme l’alimentation, l’activité physique, la santé mentale… Contrairement à notre âge chronologique, qui mesure notre durée de vie.

« De plus en plus de preuves suggèrent que les jeunes générations pourraient vieillir plus rapidement que prévu, probablement en raison d’une exposition plus précoce à divers facteurs de risque et à des agressions environnementales », lancent les auteurs. Lesquels, pour vérifier leur hypothèse, ont calculé l’âge biologique de 150 000 personnes à l’aide de neuf biomarqueurs présents dans le sang (albumine, créatinine, protéine C-réactive…).

Ils ont ainsi observé que les individus nés en 1965 ou après avaient une probabilité de vieillissement accéléré plus élevée de 17 % que ceux nés entre 1950 et 1954. Et qu’un vieillissement accéléré était associé à un risque accru de cancer. Les associations les plus fortes ayant été observées pour les cancers du poumon, de l’estomac, de l’intestin et du col de l’utérus.

« Si nos résultats sont validés, des interventions visant à ralentir le vieillissement biologique pourraient constituer une nouvelle voie de prévention du cancer », concluent les chercheurs.

  • Source : American Association for Cancer Research

  • Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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