Les chirurgiens digestifs de l’Association française de Chirurgie (AFC) alertent : le surpoids et l’obésité ont un effet multiplicateur de 2 à 5 pour 6 cancers digestifs. C’est pourquoi ils en appellent à un plan de prévention.

Aujourd’hui en France, 49% des adultes sont en surcharge pondérale, dont 32% en surpoids et près de 17% sont obèses. Or, « le surpoids et l’obésité ont un effet multiplicateur de 2 à 5 pour 6 cancers digestifs : œsophage, vésicule biliaire, foie, colorectal pancréas et estomac », alerte l’AFC.

Sans compter que des disparités peuvent apparaître en fonction du sexe. Pour le cancer colorectal, les hommes sont plus exposés que les femmes. L’âge entre aussi en jeu : les jeunes adultes obèses ont 3 fois plus de risques de développer un cancer par rapport à la population obèse plus âgé. Et plus tôt on est obèse, plus le danger est élevé.

« Plus on est obèse, plus fort est le risque »

Selon l’AFC, chaque unité d’Indice de masse corporelle (IMC) supplémentaire accroît le risque de développer certains cancers. Ainsi pour une personne obèse, 1 point d’IMC en plus augmente le risque de 11% de développer un cancer de l’œsophage. Pour ce qui est du pancréas, le risque est exponentiel à chaque palier d’IMC (25 – 30 – 35). Idem pour les tumeurs touchant le foie, l’estomac ou la vésicule biliaire.

Un plan pour détecter tôt

A l’occasion de la Journée européenne de l’obésité (17 mai 2019), l’AFC s’est rapprochée du Collectif national des Associations d’Obèses (CNAO). Objectif, sensibiliser les patients obèses à la prévention des 6 cancers digestifs les plus importants (foie, vésicule biliaire, œsophage, pancréas, colorectal, estomac) ainsi que les cancers du sein et gynécologique, auxquels ils sont particulièrement exposés.

« Pour ne prendre l’exemple que du cancer colorectal, 70% sont évitables et guérissables quand ils sont détectés tôt : son dépistage est fondamental », conclut le Pr Patrick Pessaux, président de l’AFC.

Partager cet article