Cancer : état des lieux en France

[03 février 2015 - 17h23] [mis à jour le 04 février 2015 à 11h43]

Depuis 2005, les chances de guérison d’un cancer sont meilleures grâce au développement de programmes de dépistage et aux progrès thérapeutiques. L’incidence de la maladie est en baisse malgré le vieillissement de la population. Pour autant, le cancer est toujours considéré « comme la 1ère cause de mortalité, tous âges confondus, et de mortalité prématurée, c’est-à-dire avant l’âge de 65 ans », vient en effet de confirmer l’Institut national du Cancer (INCa) dans son bilan annuel.

En 2012, un total de « 355 000 nouveaux cas de cancer a été diagnostiqué (200 000 pour les hommes, 155 000 pour les femmes) », révèle l’INCa. La même année, 148 000 décès liés à la maladie ont été répertoriés. Parmi eux, 85 000 étaient des hommes et 63 000 des femmes.

A travers le territoire, d’importantes disparités géographiques sont repérées. « La situation est plus favorable dans le Sud par rapport aux régions du Nord », révèle le bilan de l’INCa. Chez les femmes, les taux de mortalité les plus importants sont situés au Nord et à l’Est de la France, en Ile-de-France et en Bourgogne. Les hommes sont plus exposés dans le Nord, le Nord-Est, le Nord-Ouest, la Bretagne et le Centre.

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Quels cancers ?

Entre 2005 et 2012, l’incidence a pourtant diminué de 1,3% chez les hommes. Dans la population féminine, l’incidence du cancer a – au cours de ces 8 années – connu un ralentissement de sa progression (+0,2% par an entre 2005 et 2012 contre +1,6% par an entre 1980 et 2005), en lien direct avec la baisse de l’incidence du cancer du sein.

Ces 30 dernières années, « l’incidence et la mortalité ont diminué chez l’homme pour les cancers des voies aéro-digestives supérieures (œsophage, estomac) ». Chez la femme, le cancer du col de l’utérus est en léger recul depuis les années 80, mais les cancers du poumon sont en revanche de plus en plus fréquents. Sur la même période et tous sexes confondus, « l’incidence du mélanome cutané et des cancers du système nerveux central sont aussi de plus en plus diagnostiqués ».

Miser sur la prévention

Dans la lutte contre le cancer, la prévention consiste à informer sur les facteurs de risque :

  • Le tabac, 1ère cause de décès évitables. « En France, le nombre de décès attribuables au tabac, toutes maladies confondues, serait de 73 000 par an », relaie l’INCa. Au total, 93% des décès par cancer du poumon sont imputables à cette substance. Laquelle favorise par ailleurs le cancer de la cavité buccale, du pharynx, du larynx, du pancréas ou encore de la vessie, du foie et de l’estomac ;
  • L’alcool, 2e cause de mortalité évitable. En 2009, la consommation d’alcool était responsable de 15 000 décès par cancer. L’alcool augmente le risque de cancers digestifs (pharynx, larynx, œsophage, côlon-rectum) mais aussi de cancer du sein. Aucun seuil de consommation sans risque n’a été identifié.

En termes de prévention, des recommandations sont faites sur l’hygiène de vie, comme l’alimentation, « à la fois source de facteurs de risque et de facteurs protecteurs ». L’INCa rappelle ainsi que la consommation de boissons alcoolisées, de viandes rouges et de charcuterie, d’aliments salés et de compléments alimentaires à base de bêtacarotène sont à éviter. « D’après les estimations récentes réalisées dans des pays développés (Etats-Unis et Royaume-Uni), la mise en œuvre de telles recommandations pourrait permettre d’éviter un tiers des cancers les plus communs », relaie l’INCa.

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