« Entre 30% et 50% des adultes hospitalisés, quelle qu’en soit la raison, présenteraient des syndromes de dénutrition. » C’est l’une des conclusions surprenantes du rapport d’expertise collective que vient de publier l’Institut national de la Santé et de la recherche médicale (INSERM), après qu’un groupe de 13 experts appartenant à des disciplines diverses eut analysé plus de 1.500 articles scientifiques et médicaux. Ces carences sont moins fréquentes chez les enfants hospitalisés (entre 8% et 16%), probablement parce que les services spécialisés attachent davantage d’attention à leurs besoins qu’ils ne le font pour les adultes. Notons aussi la très forte proportion de personnes âgées dénutries: ce problème ne concernerait « que » 5% des plus de 65 ans dans leur ensemble, mais dès lors qu’ils vivent en institution 40% à 80% (!) des vieillards sont dans ce cas.

Il apparaît donc clairement nécessaire de rénover l’approche de la diététique dans les hôpitaux et les services de soins. L’apparition de carences en vitamines chez les personnes en bonne santé qui s’alimentent correctement est en revanche peu fréquente et les experts recommandent aux femmes enceintes d’être prudentes. « L’autosupplémentation (en vitamines) peut avoir pour le bébé des conséquences (notamment des risques de malformations) qui ne sont pas anodines. » Enfin, inutile d’augmenter les apports en protéines chez le sportif (ils sont déjà bien suffisants!) mais attention aux régimes 100% végétaliens chez l’enfant, car « des retards de croissance peuvent survenir dès l’âge de six mois. » Il apparaît nécessaire de rénover l’approche de la diététique dans les hôpitaux.

Partager cet article