Comment nourrir notre microbiote ?

[23 août 2018 - 10h35]

La flore intestinale, le désormais célèbre « microbiote », c’est l’ensemble de tous les micro-organismes qui peuplent notre appareil digestif. Il est aujourd’hui bien connu qu’un déséquilibre de cette flore joue un rôle clé dans l’apparition de nombreuses pathologies. Alors comment garder l’équilibre ? Voici la réponse.

Le rôle du microbiote intestinal est de mieux en mieux connu. On sait que  l’altération qualitative et fonctionnelle de la flore intestinale – ce que l’on appelle la dysbiose –  est une piste sérieuse pour comprendre l’origine de certaines maladies, comme l’obésité, le diabète, les cancers digestifs…

Fibres et produits fermentés

Mais alors comment ne pas l’altérer ? Bien entendu, notre alimentation joue un rôle de tout premier ordre. A commencer par les fibres. Présentes en abondance dans les légumes frais ou secs, les fruits et les céréales, elles sont en quelque sorte les premiers carburants de notre flore intestinale. Des chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) ont montré que « plus l’apport en fibres est grand et plus la diversité et le nombre d’espèces de bactéries sont importants. Le microbiote en est d’autant plus stable et équilibré. » Mais plus encore, « la dégradation des fibres produit des acides gras à courte chaîne (AGCC) qui ont des effets protecteurs sur notre santé. Au niveau de l’intestin, ces molécules permettent, entre autres, de réguler les processus inflammatoires ». Enfin, les AGCC « sont capables d’inhiber la prolifération des cellules cancéreuses dans le côlon. »

Mais les fibres ne sont pas les seuls aliments à privilégier. Les yaourts sont aussi excellents pour chouchouter notre microbiote. En fait, la consommation de lait fermenté, comme le yaourt, entraîne la présence de bactéries lactiques dans le tractus gastro-intestinal. Ainsi, toujours à l’INRA, deux équipes ont démontré les bienfaits de ces produits sur la santé de patients atteints du syndrome de l’intestin irritable. Les probiotiques qu’ils contiennent conduisent à une augmentation des populations de certaines bactéries qui synthétisent du butyrate, acide gras connu pour son effet bénéfique sur la santé de l’intestin. De plus, les chercheurs ont observé, chez les patients, une diminution de la bactérie Bilophila wadsworthia, suspectée d’être impliquée dans le développement de pathologies intestinales.

Autre travail, celui d’un chercheur britannique (de la Royal Lancaster Infirmary). Selon lui, les bactéries du transforment les sucres en acide lactique. Lequel « permet l’élimination d’autres bactéries, éventuellement pathogènes dans la cavité buccale, l’oropharynx et l’œsophage ». Et ainsi, « aide à prévenir certaines pathologies dans ces régions ».

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