Selon l’OMS, en 2014, un total de 603 soignants engagés dans une mission humanitaire ont été tués et 958 blessés.  Pour une meilleure sécurité, Médecins sans Frontières (MSF) appelle à renforcer la communication entre les professionnels de santé et les autorités (politiques, instances sanitaires…).

Dans une zone en conflit, la protection des soignants passe par un renforcement des dispositifs de communication. « La collecte de données rapportées par les soignants sur le terrain doit être transmise de manière plus rigoureuse », souligne MSF. Ainsi, la remontée de l’information de la situation sur zone sera plus directe. En identifiant les situations de conflit, l’intervention des autorités gagnera en rapidité et les dégâts liés aux attaques seront limités.

« Testée dans la Bande de Gaza, en Cisjordanie, en République arabe syrienne et en République centrafricaine, cette méthode sera exploitable dans d’autres Etats fragilisés dans les années à venir », précise MSF. Un enjeu majeur : la prise en charge des populations reculent du fait de la détérioration des infrastructures hospitalières et de la réduction des effectifs médicaux. « Sans travailleurs de la santé, le soin n’existe plus », rappelle Jim Campbell, directeur département personnel de santé de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Un appel à la rigueur… justifié

Aujourd’hui encore, les dispositifs d’information présentent de nombreuses failles. « Les données du terrain sont remontées au compte-goutte, sans chaîne d’information standardisée ». Conséquences, les professionnels ne disposent pas du cadre de sécurité nécessaire pour agir.  « Chaque fois qu’un médecin a trop peur pour venir travailler, qu’un hôpital est bombardé, que les ressources sont pillées, l’intervention est entravée ».

Résultat, de l’Ukraine à l’Afghanistan, les professionnels de santé sont situés en première ligne des attaques. Le 3 octobre, une attaque à la bombe a été déplorée dans l’hôpital MSF de Kunduz (Afghanistan). Au total, 14 soignants tués et 37 blessés. Un mois plus tard, une clinique de l’association a été prise pour cible à Taiz (Yémen), faisant 9 blessés dont 2 médecins. Depuis 2012, plus de la moitié (60%) des hôpitaux syriens ont été partiellement ou totalement détruits. Et « 50% des professionnels de santé investis sur ce territoire ont fui le pays ou sont décédés des suites de leur mission ».

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