Les professionnels de santé sur le front d’Ebola

[05 août 2014 - 18h01] [mis à jour le 05 août 2014 à 18h06]

Pour lutter contre l’épidémie à fièvre hémorragique Ebola, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et les organisations non gouvernementales (ONG) manquent cruellement de moyens. Du personnel formé à la prise en charge de cette maladie, mais aussi du matériel. Tandis que le nombre de cas augmente et que la flambée se propage dans des zones toujours plus disséminées, leur travail prend des airs de mission impossible.

« Ce qui manque le plus c’est le personnel qui a l’expérience de la prise en charge d’Ebola », souligne le Dr William Etienne, médecin coordinateur de Médecins sans frontières (MSF) pour la Sierra Leone. Première explication : le nombre de médecins et d’infirmiers expérimentés dans ce genre de situation est très faible. Leur formation n’incluant pas les protocoles de prise en charge de ces malades hautement contagieux. « Cette maladie est rare et n’avait jamais été observée dans cette région du monde », explique-t-il. Résultat, ils ne savent pas forcément comment réagir et se protéger. Voilà sans doute pourquoi le nombre de soignants contaminés depuis le début de l’épidémie est important. Une soixantaine selon l’OMS.

A présent – au terme de 5 mois d’épidémie en Guinée, « plusieurs générations de professionnels de santé ont appris à se comporter dans nos structures, notamment auprès de leurs pairs qui ont affronté les flambées en Ouganda par exemple. » Pour autant, « le travail est intense et dur, donc on doit les renouveler sans cesse ». De plus, la propagation à de nouveaux pays, comme le Libéria et la Sierra Leone voisins, et la dissémination des cas représentent un obstacle d’importance. « La situation y est alarmante car il y a tellement de cas dans tellement d’endroits différents qu’il est difficile de tous les prendre en charge », poursuit-il.

Des volontaires américains rapatriés

De nombreux soignants volontaires du monde entier travaillent aux côtés des professionnels de santé des pays touchés. Parmi eux, deux Américains ont été contaminés par le virus au Libéria. Samaritan’s purse, l’ONG les employant, a indiqué qu’ils avaient accepté l’administration d’un traitement expérimental n’ayant pas encore été testé sur les humains. Ce sérum, appelé ZMapp et produit par Mapp Biopharmaceutical à San Diego, a fait l’objet d’une étude sur des singes. Les résultats étaient prometteurs. Leur état semble s’être amélioré. Depuis, le Dr Kent Brantly et Nancy Writebol sont soigné à l’hôpital Emory University à Atlanta (Etats-Unis).

Au total, 887 malades sont décédés des suites d’Ebola. De nombreux patients sont placés à l’isolement pour tenter d’endiguer l’épidémie. Un cas suspect est actuellement analysé à New York. Un autre à Jeddah, en Arabie Saoudite. Sur son compte Twitter, Gregory Härtl, porte-parole de l’OMS confirmait ce mardi que les résultats d’analyses n’avaient pas encore été délivrés. Enfin, le Nigéria, où un citoyen américain venu du Libéria est décédé de la maladie la semaine dernière, a annoncé 6 cas suspects, tous ayant été en contact avec la première victime sur son sol.

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