Depuis plus de 10 ans en France, l’hépatite A est une maladie « à déclaration obligatoire ». Chaque cas doit être déclaré à l’Agence régionale de Santé. Objectif, détecter localement des cas groupés et mettre en place le plus rapidement possible des mesures de contrôle. Le bilan de ces dix premières années de surveillance – dressé par Santé publique France –  montre des taux d’incidence à la baisse depuis 2010. Un phénomène sans doute dû à l’impact des recommandations vaccinales.

Le virus de l’hépatite A (VHA) est présent partout dans le monde. La contamination se fait d’une personne à une autre par l’intermédiaire des mains, des aliments ou de l’eau contaminée par les matières fécales.

Le VHA est la forme généralement la plus bénigne des hépatites virales. Elle se manifeste le plus souvent par des douleurs abdominales, un syndrome grippal (fièvre, courbatures…), une fatigue intense, suivis parfois par une jaunisse (ictère). Elle guérit sans médicaments en quelques semaines mais la fatigue peut persister plusieurs mois.

Même si ces infections sont particulièrement fréquentes dans des pays où l’hygiène est insuffisante, les pays développés comme la France ne sont pas épargnés. En France justement, la maladie fait l’objet d’une déclaration obligatoire depuis 2005. La dernière livraison du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) dresse ainsi un bilan de cette surveillance. Dans le détail, sur la période 2006-2015, ce sont 11 158 cas d’hépatite A qui ont été notifiés, soit 1,7 cas pour 100 000 habitants.

L’impact de la vaccination

Les auteurs observent ainsi une diminution de l’incidence depuis 2010. Ce qui rapproche l’Hexagone des pays à basse endémicité (1,1 cas pour 100 000 habitants). En fait, le recueil de ces données par la déclaration obligatoire a permis, au Haut Conseil de la santé publique (HCSP), de mettre en place en 2009 des recommandations vaccinales anti-hépatite  A. L’immunisation de l’entourage familial d’un patient et dans les communautés de vie en situation d’hygiène précaire a été recommandée. Une mesure qui, selon Santé publique France, « a pu limiter les cas groupés et contribuer à l’absence d’épidémie. »

Notons tout de même que les incidences les plus élevées ont été retrouvées chez les moins de 15 ans et vivant sur des sites d’accueil dans des conditions sanitaires précaires. Par ailleurs, chez les 25-44 ans, les taux sont presque deux fois plus élevés dans la population masculine. Cela pourrait s’expliquer par la survenue de cas chez les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes (HSH), population particulièrement à risque.

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