La dengue est une maladie virale infectant 50 à 100 millions de personnes chaque année dans le monde. Si la plupart des patients connaissent des symptômes invalidants, certains ne manifestent aucun signe. Comment l’expliquer ? Comprendre ce mécanisme représente-t-il un espoir de développement de nouvelles stratégies vaccinales ? L’Institut Pasteur apporte les réponses.

Il n’existe aujourd’hui aucun traitement spécifique du virus de la dengue. Bien sûr, un vaccin est commercialisé. Mais il n’est que partiellement efficace contre les 4 sérotypes du virus. En fait, les mécanismes physiopathologiques de la dengue ne sont pas élucidés avec précision.

Des chercheurs de l’Institut Pasteur (Paris et Cambodge) ont tenté de remonter une piste jusqu’ici peu empruntée. Certains individus infectés ne développent pas les signes cliniques de la maladie. Ce qui les rend intéressants pour la mise au point d’éventuels traitements. 

Une réponse immunitaire particulière

Les scientifiques ont donc comparé la composition du sérum plasmatique et le profil d’expression génique d’enfants cambodgiens infectés par le virus de la dengue, mais asymptomatiques, avec ceux de patients présentant des symptômes.

« De manière surprenante, nos travaux révèlent que les patients sans signes cliniques ont une réponse immunitaire contrôlée», expliquent les chercheurs. « Dans celle-ci la présentation des antigènes est accrue, mais associée à une activation mesurée des lymphocytes T et à une production plus modérée d’anticorps, en comparaison avec les patients présentant des signes cliniques. »

Pour Anavaj Sakuntabhai, directeur de l’unité de Génétique fonctionnelle des maladies infectieuses à l’Institut Pasteur à Paris, « cette étude aide à comprendre les mécanismes qui permettent de ne pas développer les symptômes suite à une infection. Ceci invite à revisiter la composition des vaccins pour mieux prévenir les infections. »

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