Accueil » Santé Publique » Des tatoueurs et des perceurs formés à la santé

L’école d’infirmiers de bloc opératoire, au sein du CHU de Nantes, fait partie de la quarantaine de centres de formation agréés par le ministère de la Santé. Des professionnels de santé, médecins et infirmiers, y dispensent deux séances par an depuis juillet 2009. Ces formations durent 21 heures, réparties sur 3 jours. Objectif : inculquer aux tatoueurs et aux perceurs « certaines notions et techniques relatives à l’hygiène pour exercer leur activité dans de bonnes conditions sanitaires », explique Dominique Guilloton, infirmière de bloc opératoire et responsable de la formation au CHU de Nantes. D’ailleurs, « nous insistons beaucoup sur la prise en charge du risque infectieux. Il est inhérent à toute effraction cutanée », ajoute-t-elle.
Utilisation de désinfectants, organisation d’un environnement propre, procédure de lavage des mains, pose d’un pansement antiseptique… « Ces règles de base sont les mêmes que celles appliquées par les professionnels de santé, en termes d’asepsie », rappelle Dominique Guilloton. Ces connaissances sont nécessaires pour protéger la santé du client bien sûr, mais aussi du travailleur. Il doit en effet savoir réagir en cas d’accident infectieux avec risque de transmission sanguine, et connaître ses obligations vaccinales. Cette année, « le programme de la formation s’est enrichi d’un nouveau thème : la sensibilité et la douleur. Il nous a été demandé par les tatoueurs et esthéticiennes pratiquant le maquillage permanent notamment », raconte Dominique Guilloton.
Un enseignement obligatoire
Les sessions, dont le contenu est établi par le décret du 19 février 2008 R. 1311-1, s’adressent aux professionnels « qui mettent en œuvre les techniques de tatouage par effraction cutanée -y compris la technique du maquillage permanent – et du perçage corporel ». Depuis l’ouverture de la formation à Nantes, plus de 120 tatoueurs, perceurs et esthéticiennes ont été formés.
A ce jour, il y aurait au moins 3 000 tatoueurs et perceurs installés en France. « Ils sont tous avides de connaissances. Même s’ils sont nombreux à posséder déjà un très bon niveau, après 10, 15 ou parfois 20 ans de pratique », souligne Dominique Guilloton. Après leur formation, ils obtiennent une attestation transmise à l’Agence régionale de Santé (ARS). Vous pouvez en obtenir la liste sur demande. Et, si vous souhaitez faire appel à un de ces professionnels, « assurez-vous toujours qu’il prend un maximum de précautions. En utilisant par exemple des aiguilles à usage unique », insiste-t-elle.

Source : Interview de Dominique Guilloton, cadre formateur des infirmiers de bloc opératoire, 20 juin 2011
Recevez chaque jour par e-mail les dernières actualités santé.