Accueil » Santé Publique » FMI et Banque mondiale : le partage des missions

« Malgré les protestations des pays émergents, la tradition veut que la Banque mondiale soit dirigée par un Américain et le FMI par un Européen », explique le Pr André Prost, administrateur du Fonds mondial pour les vaccins (GAVI) Fund Affiliates. Ancien directeur de l’OMS en charge des Relations avec les Gouvernements et le Secteur privé, président du Conseil scientifique de l’Agence de Presse Destination Santé, André Prost connaît bien les rôles respectifs de ces deux agences onusiennes. Il a aussi en effet, travaillé pendant plusieurs années pour la Banque mondiale…
Du développement des microcrédits en Bosnie-Herzégovine à la sensibilisation populaire à la lutte contre le VIH/SIDA en Guinée, en passant par la scolarisation des filles au Bangladesh… En 2011, la Banque – comme on l’appelle- a fourni « 46,9 milliards de dollars répartis entre 303 projets dans des pays en développement. Et elle a mis ses compétences financières ou techniques à leur service pour les aider à faire reculer la pauvreté », assure cette dernière. Toutefois, le président américain Barack Obama estime que le développement n’est pas encore suffisamment au centre de l’action de cet organisme. A ses yeux en effet , « il est temps qu’un professionnel du développement dirige la plus grande agence de développement au monde ».
Chacun son job
De son côté, le FMI, gouverné par ses 187 États membres, a pour mission de veiller à la stabilité du système monétaire international. En d’autres termes, il doit « s’assurer que le système international de paiements et de change permet aux pays (et à leurs citoyens) de procéder à des échanges entre eux », lit-on sur le site de l’institution. Pour ce faire, il doit « promouvoir la coopération monétaire internationale, garantir la stabilité financière, faciliter les échanges internationaux, contribuer à un niveau élevé d’emploi, à la stabilité économique et faire reculer la pauvreté ». Une mission proche en apparence, de celle qui incombe à la Banque mondiale. Ou plutôt une mission qui en est étroitement complémentaire.
Il n’en reste pas moins que ces dernières années, les missions des deux organismes se sont superposées. « Mais la désignation du Dr Jim Yon Kim est le signe que la Banque mondiale ne sera plus la doublure du FMI. Elle devrait se concentrer davantage sur le développement », estime André Prost.

Source : Fonds monétaire international, Banque mondiale, sites consultés le 18 avril 2012 ; interview du Pr André Prost, administrateur du Fonds mondial pour les vaccins (GAVI) Fund Affiliates, ancien directeur de l’OMS en charge des Relations avec les Gouvernements et le Secteur privé, et président du Conseil scientifique de l’Agence de Presse Destination Santé, 17 avril 2012
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