Accueil » Santé Publique » Le café qui trahit les pollueurs

« L’analyse de coliformes fécaux, au premier rang desquels la bactérie Escherichia Coli, est couramment utilisée pour évaluer les niveaux de pollution de nos cours d’eau par les matières fécales » explique le Pr Sébastien Sauvé du Département de Chimie de l’Université de Montréal. « Toutefois, des bactéries d’origine animale peuvent interférer dans les niveaux observés. » Afin de détecter les sources inhérentes à l’Homme, les chercheurs sont partis en quête d’un nouveau traceur.
La caféine, révélatrice de contamination fécale
« Nous avons recueilli 120 échantillons d’eau dans des ruisseaux et des collecteurs d’eaux pluviales sur l’île de Montréal. Les données montrent qu’à partir de 400 nanogrammes de caféine par litre, il y a systématiquement une pollution des eaux par des coliformes fécaux » continue Sébastien Sauvé. « Pour faire simple, tout échantillon dont la teneur en caféine équivaut à plus de dix tasses de café pour un volume d’eau équivalent à celui d’une piscine olympique est à coup sûr contaminé ».
Bien entendu, la mesure du taux de caféine ne remplace pas la recherche des coliformes. Même en l’absence de caféine, la présence de coliformes d’origine animale représente un risque sanitaire. Cependant, « la détection de caféine au delà d’un certain seuil confirme que les coliformes fécaux proviennent d’une source sanitaire humaine… car les animaux ne boivent pas de café » conclut Sébastien Sauvé. Voilà qui permettrait de mieux localiser les contaminations sanitaires… et de remonter à leur source.

Source : Interview du Pr Sébastien Sauvé, 29 novembre 2011
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