Le sucre, présent dans trois quarts des aliments transformés… même dans les produits salés

19 mars 2024

L’Agence national de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) dresse un bilan de la présence de sucres dans les aliments transformés. Après analyse de plus de 54 000 produits, l’Agence montre que la majorité d’entre eux contient au moins un ingrédient sucrant et ce, même dans des produits salés.

La lutte contre le surpoids et l’obésité passe par une consommation raisonnée des produits sucrés. Problème, dans le régime alimentaire occidental, les produits transformés renferment de nombreux produits à vocation sucrante. Ainsi, saccharose, sucre, sirop de glucose-fructose, aspartame, dextrose, sirop de mélasse, concentré de jus de fruits sont-ils couramment utilisés pour rehausser la saveur de ces aliments industriels, améliorer leur apparence et leur texture. Mais à quel point sont-ils présents ?

Pour le savoir, l’Agence nationale de Sécurité sanitaire de l’Alimentation (Anses) a analysé plus de 54 000 produits présents sur le marché français entre 2008 et 2020. Outre les glaces, confitures, barres céréalières, jus et nectars, produits laitiers, l’Anses a aussi porté son attention sur les boissons sans alcool, plats préparés, sauces, charcuteries… « L’objectif était d’identifier les différentes formes d’ingrédients sucrants utilisées dans les produits transformés et notamment dans des catégories dans lesquelles ils ne sont pas forcément attendus », explique-t-elle dans un rapport publié le 19 mars

77 % des produits concernés

Résultat : les trois-quarts des produits contiennent au moins un ingrédient sucrant ou vecteur de goût sucré.

Toutefois, l’Agence note une baisse de l’utilisation des ingrédients sucrants – notamment les sirops de sucre et les édulcorants – au cours des 10 dernières années. « Cette tendance est en partie liée à des reformulations de produits par les industriels », indique l’Anses.

Faut-il y voir une bonne nouvelle ? Pas si sûr. Comme le précise Julie Gauvreau-Béziat, cheffe de l’unité observatoire des aliments, « cette étude ne s’est pas penchée sur les quantités utilisées car elles sont rarement indiquées sur les emballages. Les résultats ne témoignent donc pas forcément d’une diminution de la teneur en sucres totaux dans les produits. La suppression d’un ingrédient sucrant peut aller de pair avec la révision de la proportion des autres ingrédients. » 

L’Anses indique en outre qu’il existe « une marge de réduction des teneurs en ingrédients sucrants pour un grand nombre de produits. Les efforts doivent donc se poursuivre pour diminuer ces teneurs dans les boissons et les aliments transformés. »

  • Source : Anses

  • Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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