Les bars à sourire… rient jaune

[25 novembre 2011 - 14h48] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h48]

La polémique se poursuit entre ce qu’il est convenu d’appeler les bars à sourires et les chirurgiens-dentistes. Les premiers en effet, accusent les seconds de « dissimuler leurs erreurs » et tentent de relancer le débat sur le blanchiment dentaire. Ce n’est évidemment pas l’opinion du Dr Alain Moutarde, chirurgien-dentiste et président de la Commission de la vigilance et des thérapeutiques au Conseil national de l’Ordre. Interrogé par Destination Santé, il souligne en effet l’importance de faire réaliser par un professionnel, cette opération qui est un acte dentaire à part entière.

Les bars à sourires proposent de nous blanchir les dents en quelques minutes et à moindre frais. Or selon Alain Moutarde, cette démarche même si elle n’a qu’une visée esthétique « doit être encadrée par un professionnel de santé ».

Pour les tenanciers de bars à sourire, la démarche est purement cosmétique. Pour la profession dentaire en revanche, c’est une intervention à caractère médical, car portant sur un milieu sensible : la bouche. Dans un communiqué diffusé le 14 novembre, le réseau de franchisés Point Sourire dénonce ainsi un «complot » qui serait ourdi par l’Ordre national des chirurgiens-dentistes.

Efficace… ou pas ?

Cosmétique ou pas, un examen attentif de la bouche est conseillé avant toute application de produits de blanchiment. « Un professionnel formé pourra donner les indications, voire les contre-indications de cette pratique et gérer les conséquences s’il y en a » assure le Dr Moutarde. En fait, le problème réside dans la concentration des produits utilisés pour ces opérations: le perborate de sodium et le peroxyde d’hydrogène.

Selon une directive européenne, ces derniers ne peuvent présenter une concentration supérieure à 0,1% lorsqu’ils sont utilisés dans les bars à sourire. Or selon le Dr Alain Moutarde, « à de telles concentrations, les effets d’éclaircissement de six à huit teintes promis (par des bars à sourire, n.d.l.r.) sont impossibles. D’ailleurs certains établissements font de la publicité en disant qu’ils utilisent des produits beaucoup plus concentrés, de l’ordre de 30% environ ! » Les chirurgiens-dentistes, pourtant autorisés à utiliser des concentrations très supérieures, assurent « ne pas pouvoir promettre de gains supérieurs à un ou deux teintes ».

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