Les hommes qui exercent un métier manuel ont une mortalité entre 45 et 59 ans plus élevée de 71% par rapport à leurs congénères qui exercent une profession plus intellectuelle! Ce chiffre spectaculaire est extrait d’un ouvrage qui vient d’être publié sur l’impulsion de l’INSERM et fait le point sur les indicateurs susceptibles d’identifier les inégalités en matière de santé.

En fait, les différences sociales de mortalité s’observent dès les premiers mois de la vie. Selon les données les plus récentes actuellement disponibles – celles portant sur la seconde moitié des années 80 – la mortalité périnatale varie de 7,1 pour 1 000 naissances pour les enfants dont le père a un statut de cadre, à 10,2 pour 1 000 parmi les enfants d’ouvriers. Ces inégalités concernent aussi la prématurité et le faible poids de naissance. Une étude plus récente montre qu’au cours de l’année 1995, les risques de prématurité et de faible poids de naissance sont entre 1,5 et 2 fois plus élevés chez les enfants de couples ouvriers ou employés, que parmi ceux des cadres.

Ces inégalités sociales à la naissance peuvent avoir des conséquences à long terme. Elles expliquent sans doute en partie l’inégale espérance de vie entre ces catégories socioprofessionnelles. Ajoutons à cela le fait que les comportements à risque sont plus fréquents parmi les couches sociales les moins favorisées, qu’il s’agisse de tabac, d’alcool, de protection contre le VIH-SIDA ou d’hygiène bucco-dentaire… Sans oublier que les catégories les moins favorisées ont moins souvent recours à certains types de soins, en particulier les soins à caractère préventif… Les comportements à risque sont plus fréquents parmi les couches sociales les moins favorisées

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